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Martin Boire : Forum Jeunesse Longueuil
Alors que les médias présentent une image désengagée, dépolitisée et cynique de la jeunesse, plusieurs auteurs viennent nuancer ce portrait en présentant de nouvelles formes d'engagement plus individualisées avec des objectifs concrets et des actions ponctuelles. Certains auteurs présentent ainsi des formes d'engagement et des enjeux dans lesquels s'investissent de jeunes Québécois. À titre d'exemple, des jeunes s'engagent individuellement à travers des formes de consumérisme politique (Quéniart et Jacques, 2008) alors que d'autres prennent conscience de problématiques reliées à l'exode rural et à leur place dans une société où ils sont minoritaires (Gauthier, 2003).
Dans cette communication, en nous appuyant sur une recherche collaborative avec la CRÉ de Longueuil et le CEFRIO, nous nous pencherons sur le cas des jeunes de Longueuil. Nous examinerons si les réalités locales des jeunes ont un impact sur la forme de leur participation et sur les enjeux dans lesquels ils s'engagent, si leur participation diffère de la réalité québécoise analysée par d'autres auteurs. Nous tiendrons compte des différences liées au parcours scolaire et à l'âge. Notre analyse reposera, d'une part, sur deux groupes de discussion auprès de cégépiens et de jeunes raccrocheurs du secondaire, et, d'autre part, sur un sondage acheminé aux étudiants de 16 à 24 ans des écoles secondaires et des cégeps de l'agglomération de Longueuil.
Les représentations sociales autour de la participation politique des jeunes reposent depuis quelques décennies déjà sur l’idée qu’elle serait en crise. Cette vision d’une dépolitisation de la population juvénile mérite toutefois d’être nuancée. Premièrement, le cadre référentiel ultime des travaux sur l’engagement politique semble être le militantisme de gauche voué à une cause collective, si bien que les « nouveaux engagés » et les formes juvéniles d’action politique moins conventionnelles restent dans l’ombre. Deuxièmement, c’est peut-être la définition même du processus de politisation, qui suppose l’opposition directe au pouvoir, qui induit en erreur. Or, même dans les cas où des actions s’opèrent de manière atomisée et diffuse, leur agrégation peut aboutir à des formes de résistance ou de protestation collective. Troisièmement, il est approprié de se demander si la soi-disant crise de la participation politique des jeunes ne résulte pas d’un regard « euro-centré » qui prévient l’appréhension de pratiques juvéniles des sociétés postcoloniales, soit parce que jugées subversives et menaçantes pour l’establishment (mouvements punk et rap, jeunes des favelas), soit parce que supposées impossibles, par exemple sous les régimes autoritaires. Au cours de ce colloque, nous chercherons donc à comprendre les lieux d’engagement politique des jeunes d’aujourd’hui, leurs actions de résistance, leurs pratiques plus organisées de contestation et de revendication, en s’attachant à les restituer dans leurs contextes institutionnels (association locale, parti politique, etc.), nationaux et politiques (autoritarisme, pluralisme). Des réflexions auront également lieu autour des modes d’appréhension théorique et méthodologique des processus de politisation des jeunes, leurs limites ainsi que les possibilités de décloisonnement des approches et des disciplines.
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