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Patricia Loncle : Ecole des hautes études en santé publique
La communication comportera trois parties : une présentation des débats relatifs à la participation politique des jeunes en France et en Europe en fonction des types de politiques nationales et locales de jeunesse; une présentation des résultats de deux projets de recherche menés sur la participation politique des jeunes investis dans des pratiques artistiques et sur la perception de cette participation par les élus jeunesse du territoire; une proposition de synthèse sur les modalités et la portée des mobilisations politiques des jeunes européens aujourd'hui. Nous nous baserons sur deux types de matériaux : 1. des projets de recherche locaux soutenus par Rennes Métropole et la Région Bretagne qui ont été l'occasion d'une part de recueillir la vision qu'ont les jeunes investis dans des projets artistiques de leurs mobilisations politiques et les modalités sur lesquelles ils s'appuient et d'autre part les perceptions qu'ont les élus de ces engagements; 2. un projet de recherche européen soutenu par la Commission européenne sur la participation des jeunes en Europe (UP2Youth) et qui a permis de récolter du matériau sur l'état de cette question dans cinq pays européens (Autriche, France, Irlande, Italie, Slovaquie). La mise en regard des différents matériaux nous permettra de situer les pratiques de participation des jeunes dans leur contexte institutionnel et de nous interroger à la fois sur leurs contenus et sur leur portée politique.
Les représentations sociales autour de la participation politique des jeunes reposent depuis quelques décennies déjà sur l’idée qu’elle serait en crise. Cette vision d’une dépolitisation de la population juvénile mérite toutefois d’être nuancée. Premièrement, le cadre référentiel ultime des travaux sur l’engagement politique semble être le militantisme de gauche voué à une cause collective, si bien que les « nouveaux engagés » et les formes juvéniles d’action politique moins conventionnelles restent dans l’ombre. Deuxièmement, c’est peut-être la définition même du processus de politisation, qui suppose l’opposition directe au pouvoir, qui induit en erreur. Or, même dans les cas où des actions s’opèrent de manière atomisée et diffuse, leur agrégation peut aboutir à des formes de résistance ou de protestation collective. Troisièmement, il est approprié de se demander si la soi-disant crise de la participation politique des jeunes ne résulte pas d’un regard « euro-centré » qui prévient l’appréhension de pratiques juvéniles des sociétés postcoloniales, soit parce que jugées subversives et menaçantes pour l’establishment (mouvements punk et rap, jeunes des favelas), soit parce que supposées impossibles, par exemple sous les régimes autoritaires. Au cours de ce colloque, nous chercherons donc à comprendre les lieux d’engagement politique des jeunes d’aujourd’hui, leurs actions de résistance, leurs pratiques plus organisées de contestation et de revendication, en s’attachant à les restituer dans leurs contextes institutionnels (association locale, parti politique, etc.), nationaux et politiques (autoritarisme, pluralisme). Des réflexions auront également lieu autour des modes d’appréhension théorique et méthodologique des processus de politisation des jeunes, leurs limites ainsi que les possibilités de décloisonnement des approches et des disciplines.
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