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Abdel Rahamane Baba-Moussa : Université d'Abomey-Calavi
Dans le contexte plurilinguistique béninois où le français demeure une langue de référence, l'alphabétisation est un apprentissage qui prend en compte plusieurs enjeux dont celui du choix de la langue d'apprentissage. Dans le groupe socioprofessionnel des artisans qui constituent une cible particulière aux activités d'alphabétisation du fait de leur faible niveau de scolarisation, une enquête à été menée afin d'y évaluer la fréquence de l'accès à l'alphabétisation. Dans ces milieux, les langues nationales servent de transmission au savoir manuel qui, s'il exige l'observation et l'imitation, requiert également de l'apprenti la mémorisation d'informations par écrit. Peu scolarisés, ces artisans ne bénéficient guère des acquis scolaires et vivent en marge du système formel. Que faire dans ce contexte pour faciliter leur intégration aux processus de développement en cours dans notre pays ? Le vivre ensemble ne suppose-t-il pas en effet la participation de tous les acteurs à la vie socio-économique du pays? De fait, entre leur formation et la nécessité d'une référence à des savoirs d'ordre intellectuel, quelques artisans se tournent vers l'alphabétisation comme alternative leur permettant d'acquérir, dans une langue qu'ils maîtrisent, les compétences recherchées. Le présent article analyse la dynamique qui existe autour de l'alphabétisation en langues nationales dans ce secteur avec pour référentiel le vouloir vivre ensemble.
Si la coexistence a toujours représenté un enjeu de taille de la condition humaine, cet enjeu se pose avec encore plus d’acuité dans nos sociétés contemporaines puisqu’elles ont désormais à composer avec diverses figures affirmées de l’Autre — nationalité, ethnie, religion, orientation sexuelle, classe sociale, genre, etc.
En Europe comme au Québec, les débats, réflexions et propositions portant sur ce thème tendent à se concentrer en particulier sur la diversité culturelle et religieuse issue de l’immigration au sein des États-nations. Dans d’autres régions du monde où l’accès même à la démocratie reste un combat qui est loin d’être gagné, des espoirs d’un mieux-vivre ensemble sont éveillés, mais de nombreuses questions et inquiétudes demeurent quant aux conceptions du vivre ensemble qui vont se dessiner. En Afrique, l’installation de gouvernements d’union nationale, la recherche d’équilibre régional et les commissions dialogue et réconciliation pour recréer le lien social disloqué par les conflits armés et autres génocides, sont autant de mesures mises en œuvre pour un meilleur vivre ensemble. Les situations post-conflictuelles appellent à un pari sur l’éducation à cet égard.
Organisé par le Groupe de recherche sur l’éducation éthique et l’éthique en éducation (GREE) et l’Association francophone d’éducation comparée (AFEC), ce colloque a pour but de dégager des éléments porteurs pour penser les fondements et visées, analyser les contextes, les orientations et les pratiques et développer des outils pour éduquer au « vivre ensemble ».
Au programme, une soixantaine de présentations par des chercheurs en provenance de 14 pays. Un lancement conjoint : L’Éthique et culture religieuse en question,PUQ ; revue Éducation comparée. Le colloque est financé par l'Agence universitaire de la Francophonie, le Conseil de recherche en sciences humaines du Canada, l’Université du Québec, l'UQAM et l'UQTR.