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Alex Bellemare : Université de Montréal
Clandestine, dangereuse, coupée de l’espace littéraire officiel, la littérature pornographique de l’âge classique exerce sur le lectorat une fascination constante, tout en allant de pair avec le discrédit dans lequel on tient généralement l’illicite et l’obscène. Immoral et corrupteur, le roman pornographique du XVIIe siècle, qui puise à la source de l’imaginaire carnavalesque, procède d’une esthétique et d’une rhétorique fondées sur la séduction, le détournement et l’équivoque. Or, cette écriture érotique, associée volontiers au double-entendre et à la dissimulation du sérieux sous le léger, adopte, en marge du classicisme, une énonciation oblique et retorse. Le roman pornographique du XVIIe siècle, s’il fait bien du licencieux son thème privilégié, se propose pourtant plus de divertir le lecteur que d’exciter ses désirs. Ces textes, que les doctes qualifient de grossiers, de libertins ou d’infâmes, sont ainsi, plutôt curieusement, travaillés par un rire ayant une fonction transgressive et parodique. L’École des filles (1655) d’un auteur anonyme, Vénus dans le cloître (1672) de l’abbé du Prat et Le Rut ou la pudeur éteinte (1676) de Corneille Blessebois participent de cette veine romanesque. Dans une approche à la fois poétique et herméneutique, notre communication a pour objectif de dégager de ces trois textes représentatifs les enjeux esthétiques, philosophiques et anthropologiques que les romanciers pornographes mettent en œuvre par le biais du comique.
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