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Marion Avargues : Université de Montréal
Notre étude a pour objet le traitement du langage dans le Zhuangzi – une œuvre taoïste et chinoise datant du IVe siècle avant notre ère. Il s’agira d’expliciter en quoi, dans cette œuvre, le langage est remis en cause au nom d’une visée mystique, à savoir l’anéantissement du « je » dans son harmonisation avec la totalité des choses.
Tout d’abord, nous verrons que dans le cadre de cet horizon mystique, le langage constitue une limitation purement humaine. Nous nous concentrerons alors sur la nécessité de transformer sa fonction de catégorisation des choses en fonction purement poétique de saisie des choses dans leur globalité, soit sur la substitution de l’imaginaire ouvert sur tous les possibles à la distinction multiple. Enfin, parce que la mystique s’expérimente dans la non pensée absolue, nous nous focaliserons sur l’en deçà du langage qui conditionne le renouement avec le premier principe du monde. Nous tâcherons d’expliciter ce retour à la mère originelle en nous référant aux notions d'état embryonnaire et de « cosmogenèse » (cf. Jean Lévi).
Cette étude apporte deux contributions majeures : elle permet d’abord, par la mise en lumière d’une pensée chinoise des plus ingénieuses, de lutter contre la mainmise de l'Occident sur la sphère philosophique. Elle favorise également la valorisation d’un thème trop souvent négligé dans les travaux actuels, à savoir la mystique, qui pose des questions fondamentales sur l’origine et les premiers principes du monde.
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