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Francois P. Robert : UQAM - Université du Québec à Montréal
Cette communication porte sur les défis qu'a posé de recueillir l'information pour reconstituer les réseaux de personnes et d'idées lors d'une démarche délibérative à plus de 100 individus tenue le 28 janvier 2012. La méthode pour accumuler suffisamment de données tangibles a utilisé diverses stratégies méthodologiques allant des questionnaires quantitatifs pré et post événement, d'entretiens semi-directifs et de l'usage d'autocollants lors de la délibération.
La communication présente la stratégie de recherche visant à cartographier la délibération dans ce contexte par l'analyse de réseaux de personnes (sociaux) et des idées (sociosémantique). Le terrain de la recherche, en mode laboratoire, reprend la formule de l'Institut du Nouveau Monde (informer-débattre-proposer). Cette recherche vise, entre autres, à vérifier l'hypothèse selon laquelle le discours des personnes influentes est en grande partie déterminé par le discours des personnes influencées, renversant ainsi l'idée que seuls les leaders d'opinion influenceraient les débats. Ainsi, l'analyse et l'interprétation des données permettra d'affirmer que l'opinion desdits leaders est, au contraire, influencée par les débats.
L’objectif général du colloque est d’identifier de nouvelles pistes et de nouvelles méthodes de recherche permettant de lier les approches théoriques et méthodologiques propres à l’analyse des réseaux sociaux et à celle des réseaux sémantiques lors de l’étude de l’émergence de communautés ou de réseaux de savoirs.
L’étude des réseaux sociaux correspond à l’analyse des structures des relations qui s’établissent entre des personnes autour de certains contenus relationnels, alors que l’étude des réseaux sémantiques est l’étude des structures et des processus reliant des unités de sens. Les études des réseaux sociaux s’articulent généralement à partir de contenus prédéterminés (conseil, soutien affectif, échanges économiques, etc.). Le contenu partagé demeure ainsi à l’arrière-plan du travail d’analyse. L’étude des réseaux sémantiques, quant à elle, s’effectue à partir de l’analyse des interrelations entre les concepts. Les relations entre les unités (personnes, textes et agents) sont à leur tour en arrière-plan et ne sont pas considérées. Malgré leur parenté manifeste, peu d’études ont tenté de concilier les aspects sociaux et sémantiques des réseaux, c’est-à-dire d’un groupe d’agents interreliés qui partagent un ensemble structuré de concepts.
Ces deux champs d’études se rencontrent et sont confrontés à de nouveaux problèmes lors de l’étude de l’émergence des communautés de savoirs. D’un point de vue général, survient alors le problème des dynamiques d’interaction entre la communication et la cognition sociale, et d’un point de vue plus formel, celui des dynamiques d’interaction entre les réseaux sociaux et les réseaux sémantiques. La rencontre de ces champs est à l’interface des sciences sociales et des sciences cognitives. Chaque tradition de recherche apporte des éléments de réponse, mais elles sont limitées par leur propre perspective.
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