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L'incorporation cannibalique chez Ying Chen et Linda Lê

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Marie-Christine Lambert-Perreault

Résumé de la communication

En contexte de migration, le sujet mobile assimile souvent la culture du pays d'accueil par le biais de sa cuisine. Prenant pour assises quatre textes de Ying Chen (écrivaine canadienne d'origine chinoise) et de Linde Lê (écrivaine française d'origine vietnamienne), je ferai valoir que l'acculturation culturelle vécue par le migrant peut être représentée sur le terrain littéraire par le biais d'une métaphore anthropophagique. Claude Levi-Strauss écrivait, dans son article « Siamo tutti cannibali » (Nous sommes tous des cannibales) : « Après tout, le moyen le plus simple d'identifier autrui à soi-même, c'est encore de le manger. » (La Repubblica, 1993) Chez Chen comme chez Lê, le récit s'articule autour de l'avidité orale, de la translation géographique et de la remise en cause de la filiation. Je m'attarderai dans un premier temps aux personnages cannibales représentés dans les textes. Dans Les Évangiles du crime de Lê, Vinh L., protagoniste d'un récit bref éponyme, écrit dix lettres où il révèle avoir mangé de la chair humaine pour survivre. Chen met en scène dans Le Mangeur une narratrice anonyme se remémorant une vie antérieure où elle a été avalée vivante par un père boulimique. J'étudierai par ailleurs les festins funéraires décrits dans L'ingratitude (Chen) et Les Trois Parques (Lê), qui font office de dévorations cannibaliques où le défunt est incorporé par ses proches de façon métaphorique en même temps que la nourriture consommée.

Résumé du colloque

Depuis le début des années 2000, le zombie contamine l’imaginaire occidental contemporain. À titre indicatif, notons que la Zombie Movie Database (penchant zombifique de l’IMDB) dénombre, entre 2002 et 2009, plus d’une centaine de films mettant en scène des zombies – une vingtaine de productions de ce genre sont d’ailleurs prévues pour 2012. De nombreux jeux vidéo confrontent les joueurs à des hordes de zombies affamés de chair humaine. Le zombie envahit aussi la littérature, la bande-dessinée, les séries télé et l’art visuel. Comment expliquer cet engouement du public pour le mort-vivant anthropophage ? Et comment s’expliquer des phénomènes sociaux parafictionnels comme les Zombie Walks, ces manifestations pacifiques (à teneur politique ou simplement ludique) où des participants, notamment en marge du mouvement Occupons Wall Street, se déguisent et marchent comme des zombies ? Dans ce colloque – qui se veut un lieu de rencontre pour des penseurs issus de différents champs de recherche, de la littérature au cinéma, en passant par les jeux vidéo et l’art visuel – nous voulons autopsier le zombie. Il s’agira d’emblée de l’envisager comme une figure de cet Autre qui nous assaille, qui menace de nous contaminer de sa différence, pour ensuite s’intéresser à ses manifestations marginales. Que se produit-il, en effet, lorsque le zombie, d’antagoniste, devient protagoniste ? Si l’homme, en situation de survie, peut devenir monstre, le zombie, lui, peut-il (re)devenir humain ? Figure polysémique et investie idéologiquement, le zombie permet aux créateurs de représenter les citoyens marginalisés et de tenir un discours renouvelé sur la justice et l’équité sociale.

Contexte

section icon Thème du congrès 2012 (80e édition) :
Parce que j’aime le savoir
news icon Thème du colloque :
Autopsie du zombie
section icon Date : 11 mai 2012

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Titre du colloque :

Autopsie du zombie

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Thème du colloque :

Autopsie du zombie