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Jean-Claude Bationo : Université Norbert-Zongo
Au regard des événements de Koudougou (épicentre d'une série de manifestations d'élèves et d'étudiants), des réflexions scientifiques sur des concepts sur l'éducation tels que le vivre ensemble sont très pertinentes. Partant de ce contexte, la communication discutera de l'importance de la conception du vivre ensemble dans une double perspective, notamment comparatiste et interculturelle. L'éducation interculturelle, étant définie comme « un processus qui rend aptes des personnes d'origines sociales et culturelles différentes, de différentes langues et d'âge et de sexe différents à vivre ensemble dans une société si possible en paix et sans discrimination et sans refus réciproque », il s'agit de montrer son importance dans l'atteinte des objectifs du vivre ensemble. C'est pourquoi, cette contribution part de l'expérience sur l'éducation interculturelle en Occident pour plaider pour son implantation dans le système éducatif burkinabè, gage de paix et du vivre ensemble. Ce plaidoyer se justifie par le déficit en éducation interculturelle dans le système éducatif burkinabè que révèlent les bilans des études interculturelles en Allemagne, en Belgique, en France, au Québec. Par des réflexions théoriques, empiriques et des études de cas nous analyserons des situations d'apprentissage qui visent à rendre les apprenants sensibles aux conflits de nature interculturelle lorsque deux personnes de cultures différentes interagissent et d'y proposer des changements de comportement.
Si la coexistence a toujours représenté un enjeu de taille de la condition humaine, cet enjeu se pose avec encore plus d’acuité dans nos sociétés contemporaines puisqu’elles ont désormais à composer avec diverses figures affirmées de l’Autre — nationalité, ethnie, religion, orientation sexuelle, classe sociale, genre, etc.
En Europe comme au Québec, les débats, réflexions et propositions portant sur ce thème tendent à se concentrer en particulier sur la diversité culturelle et religieuse issue de l’immigration au sein des États-nations. Dans d’autres régions du monde où l’accès même à la démocratie reste un combat qui est loin d’être gagné, des espoirs d’un mieux-vivre ensemble sont éveillés, mais de nombreuses questions et inquiétudes demeurent quant aux conceptions du vivre ensemble qui vont se dessiner. En Afrique, l’installation de gouvernements d’union nationale, la recherche d’équilibre régional et les commissions dialogue et réconciliation pour recréer le lien social disloqué par les conflits armés et autres génocides, sont autant de mesures mises en œuvre pour un meilleur vivre ensemble. Les situations post-conflictuelles appellent à un pari sur l’éducation à cet égard.
Organisé par le Groupe de recherche sur l’éducation éthique et l’éthique en éducation (GREE) et l’Association francophone d’éducation comparée (AFEC), ce colloque a pour but de dégager des éléments porteurs pour penser les fondements et visées, analyser les contextes, les orientations et les pratiques et développer des outils pour éduquer au « vivre ensemble ».
Au programme, une soixantaine de présentations par des chercheurs en provenance de 14 pays. Un lancement conjoint : L’Éthique et culture religieuse en question,PUQ ; revue Éducation comparée. Le colloque est financé par l'Agence universitaire de la Francophonie, le Conseil de recherche en sciences humaines du Canada, l’Université du Québec, l'UQAM et l'UQTR.