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Lucie Raharinirina Rabaovololona : Université d'Antananarivo
La diversité et la pluralité des cultures spécifient les îles indiano-océaniques et façonnent l'identité de leur population. Cependant, la mondialisation de la culture tend à détruire cet écosystème dès la prime enfance, avec les productions multimédias conçues essentiellement des pays du Nord exploitées dans le préscolaire avancé. L'espace francophone qui devrait faire vivre cette pluralité à travers le dialogue des savoirs locaux et ceux d'ailleurs ne favorise pas encore ce double aspect du « vivre ensemble » dans l'éducation des enfants de Madagascar : le culturel médiatique, très prisé par le public cible, entre autres les bandes dessinées, ne privilégie pas la conjugaison du patrimoine local avec celui du monde. Notre communication, après une étude comparée entre l'environnement culturel effectif des enfants malgaches et celui des supports numériques popularisés en scolarisation débutante, tentera de réfléchir sur les stratégies éducatives durables pour conforter la pluralité identitaire tout en accédant à la culture de l'Autre par l'usage d'outils communs : la technologie et la langue française.
Si la coexistence a toujours représenté un enjeu de taille de la condition humaine, cet enjeu se pose avec encore plus d’acuité dans nos sociétés contemporaines puisqu’elles ont désormais à composer avec diverses figures affirmées de l’Autre — nationalité, ethnie, religion, orientation sexuelle, classe sociale, genre, etc.
En Europe comme au Québec, les débats, réflexions et propositions portant sur ce thème tendent à se concentrer en particulier sur la diversité culturelle et religieuse issue de l’immigration au sein des États-nations. Dans d’autres régions du monde où l’accès même à la démocratie reste un combat qui est loin d’être gagné, des espoirs d’un mieux-vivre ensemble sont éveillés, mais de nombreuses questions et inquiétudes demeurent quant aux conceptions du vivre ensemble qui vont se dessiner. En Afrique, l’installation de gouvernements d’union nationale, la recherche d’équilibre régional et les commissions dialogue et réconciliation pour recréer le lien social disloqué par les conflits armés et autres génocides, sont autant de mesures mises en œuvre pour un meilleur vivre ensemble. Les situations post-conflictuelles appellent à un pari sur l’éducation à cet égard.
Organisé par le Groupe de recherche sur l’éducation éthique et l’éthique en éducation (GREE) et l’Association francophone d’éducation comparée (AFEC), ce colloque a pour but de dégager des éléments porteurs pour penser les fondements et visées, analyser les contextes, les orientations et les pratiques et développer des outils pour éduquer au « vivre ensemble ».
Au programme, une soixantaine de présentations par des chercheurs en provenance de 14 pays. Un lancement conjoint : L’Éthique et culture religieuse en question,PUQ ; revue Éducation comparée. Le colloque est financé par l'Agence universitaire de la Francophonie, le Conseil de recherche en sciences humaines du Canada, l’Université du Québec, l'UQAM et l'UQTR.