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Jean-Guy Meunier : UQAM - Université du Québec à Montréal
La problématique de l'interrelation des réseaux sociaux et des réseaux sémantiques suppose une théorie explicative de chacun de ces deux concepts clefs. Celui qui retiendra notre attention ici sera celui de réseau sémantique.
En première lecture, ce concept possède une signification relativement intuitive du moins pour ceux qui l'utilisent : il s'agit d'une mise en relation de significations. Mais trois problèmes immédiats découlent cette définition : 1) quels sont exactement les entités sémantiques mises en relation ? 2) où trouve-t-on ces entités sémantiques ? 3) quelle est la nature de cette mise en réseau?
Une réponse ou l'autre à ces questions détermine des réponses aux autres. Si par exemple, on répond qu'un réseau sémantique contient « ce dont parlent » les membres d'un groupe social particulier, il est probable que l'on étudiera dans des conversations ou des textes. Ainsi il faut se demander ce qui est concrètement l'objet de l'analyse. Dans les faits, les « observables » seront des mots ou des phrases d'un texte (ou des transcriptions des conversations) lesquels seront regroupés en ensemble dont on dira qu'il forme un réseau.
Dans la présente communication, nous étudierons ce concept de « réseau sémantique » pour dégager certains des éléments théoriques qu'il sous-tend. Nous verrons que ce concept de réseau sémantique relève, dans ses origines, d'un paradigme logico-linguistique et informatique très spécifique.
L’objectif général du colloque est d’identifier de nouvelles pistes et de nouvelles méthodes de recherche permettant de lier les approches théoriques et méthodologiques propres à l’analyse des réseaux sociaux et à celle des réseaux sémantiques lors de l’étude de l’émergence de communautés ou de réseaux de savoirs.
L’étude des réseaux sociaux correspond à l’analyse des structures des relations qui s’établissent entre des personnes autour de certains contenus relationnels, alors que l’étude des réseaux sémantiques est l’étude des structures et des processus reliant des unités de sens. Les études des réseaux sociaux s’articulent généralement à partir de contenus prédéterminés (conseil, soutien affectif, échanges économiques, etc.). Le contenu partagé demeure ainsi à l’arrière-plan du travail d’analyse. L’étude des réseaux sémantiques, quant à elle, s’effectue à partir de l’analyse des interrelations entre les concepts. Les relations entre les unités (personnes, textes et agents) sont à leur tour en arrière-plan et ne sont pas considérées. Malgré leur parenté manifeste, peu d’études ont tenté de concilier les aspects sociaux et sémantiques des réseaux, c’est-à-dire d’un groupe d’agents interreliés qui partagent un ensemble structuré de concepts.
Ces deux champs d’études se rencontrent et sont confrontés à de nouveaux problèmes lors de l’étude de l’émergence des communautés de savoirs. D’un point de vue général, survient alors le problème des dynamiques d’interaction entre la communication et la cognition sociale, et d’un point de vue plus formel, celui des dynamiques d’interaction entre les réseaux sociaux et les réseaux sémantiques. La rencontre de ces champs est à l’interface des sciences sociales et des sciences cognitives. Chaque tradition de recherche apporte des éléments de réponse, mais elles sont limitées par leur propre perspective.
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