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Sarah Croché : Université catholique de Louvain
À partir d'études de terrain menées en 2010 et 2011 au Sénégal et au Rwanda, cette communication propose une analyse comparative des formes de ‘vivre ensemble' perceptibles à l'école secondaire sénégalaise et rwandaise. Elle veut étudier la manière dont les enseignants sénégalais et rwandais œuvrent, au sein de leurs classes, pour concilier les discours de la science dite « occidentale » et de la religion, qui sont en concurrence sur certaines questions. Au Sénégal et au Rwanda, le discours de la science « occidentale » n'est pas celui qui s'impose dans la société où il est fortement concurrencé par les discours et savoirs issus de la religion. Cette communication se propose donc d'étudier les pratiques enseignantes qui visent à former au « vivre ensemble » dans chacun des pays sous analyse. L'objectif est : 1) de voir et comprendre comment les enseignants expliquent concrètement aux élèves que des discours de vérité opposés et des croyances diverses coexistent dans la société, 2) d'analyser la façon dont les enseignants et les élèves comprennent et respectent les différents discours de vérité, à travers la confrontation et le dialogue à l'école.
Si la coexistence a toujours représenté un enjeu de taille de la condition humaine, cet enjeu se pose avec encore plus d’acuité dans nos sociétés contemporaines puisqu’elles ont désormais à composer avec diverses figures affirmées de l’Autre — nationalité, ethnie, religion, orientation sexuelle, classe sociale, genre, etc.
En Europe comme au Québec, les débats, réflexions et propositions portant sur ce thème tendent à se concentrer en particulier sur la diversité culturelle et religieuse issue de l’immigration au sein des États-nations. Dans d’autres régions du monde où l’accès même à la démocratie reste un combat qui est loin d’être gagné, des espoirs d’un mieux-vivre ensemble sont éveillés, mais de nombreuses questions et inquiétudes demeurent quant aux conceptions du vivre ensemble qui vont se dessiner. En Afrique, l’installation de gouvernements d’union nationale, la recherche d’équilibre régional et les commissions dialogue et réconciliation pour recréer le lien social disloqué par les conflits armés et autres génocides, sont autant de mesures mises en œuvre pour un meilleur vivre ensemble. Les situations post-conflictuelles appellent à un pari sur l’éducation à cet égard.
Organisé par le Groupe de recherche sur l’éducation éthique et l’éthique en éducation (GREE) et l’Association francophone d’éducation comparée (AFEC), ce colloque a pour but de dégager des éléments porteurs pour penser les fondements et visées, analyser les contextes, les orientations et les pratiques et développer des outils pour éduquer au « vivre ensemble ».
Au programme, une soixantaine de présentations par des chercheurs en provenance de 14 pays. Un lancement conjoint : L’Éthique et culture religieuse en question,PUQ ; revue Éducation comparée. Le colloque est financé par l'Agence universitaire de la Francophonie, le Conseil de recherche en sciences humaines du Canada, l’Université du Québec, l'UQAM et l'UQTR.