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Valentina Miraglia : Université de Limoges
Das Wort aus Stein de Kurt Rupli est plus qu'un film de science-fiction. Ce film institutionnel commandé par Hitler en 1939 est l'expression d'une démesure délirante qui fait appel au cinéma pour reconstruire virtuellement le décor de la vie subjective et sociale qui accueillera la nouvelle idéologie technocratique allemande. L'esthétique urbaine de Das Wort aus Stein est proche de la puissante ville inventée bien avant par Lang et ses décorateurs.
Ce film retrace la carte topographique de la future Reichstadt sous le bombardement ennemi qui menace l'Allemagne. Une avalanche de pierre, présage prémonitoire de la catastrophe, sert de générique au projet urbain post-apocalyptique de Hitler.
Berlin n'est pas encore bombardé quand le film est tourné (quelques mois avant la guerre). Par contre, dans les derniers mois, alors que dehors les ruines sont partout, Hitler passe de longs moments dans la contemplation des maquettes.
Dans ce labyrinthe architectural du pouvoir nazi, la caméra seule semble avoir le droit de pénétrer. Un mouvement d'appareil découvre le tableau d'Otto Von Bismark dans le studio du Führer, seul écho humain privilégiant la continuité historique avec le passé militaire et glorieux de l'Allemagne. À travers l'analyse de certains passages du film, des photos de tournage, des maquettes et des photos des architectures mutilées qui ont survécu à la guerre, seront reconstituées les circonstances de production de ces villes monumentales imaginées après l'apocalypse.
Ce colloque s’inspire de l’aura apocalyptique conférée à l’année 2012 pour proposer une série de réflexions sur la fin du monde et les scénarios de mort universelle qui l’accompagnent d’ordinaire. Si les visions d’apocalypse ont de tout temps fait partie des structures narratives par le biais desquelles l’humanité a pensé ou imaginé le devenir de la vie sur terre, il nous a semblé que nous assistions, en ce moment, surtout depuis le 11 septembre 2001, à une réactivation sans précédent des discours, mythes et métaphores liés, de près ou de loin, à l’idée de catastrophe totale. Issus d’un contexte biblique (Apocalypse, Armageddon, Jugement dernier) avec lequel ils ont souvent accusé d’importantes distances (notamment en matière de pessimisme), les imaginaires de la fin qui s’affirment aujourd’hui semblent s’être amalgamés à une diversité de pratiques créatrices et d’activités sociales de l’être humain. Du cinéma-catastrophe hollywoodien aux prédictions touchant le réchauffement climatique; des discours sur l’Allemagne nazie à ceux sur le sida ou la grippe H1N1; des tensions de Washington avec le Moyen-Orient aux tsunamis survenus au large des côtes de l’Indonésie ou du Japon, combien d’enjeux actuels ne prêtent pas à une transposition sous forme d’apocalypse? La thématique apocalyptique constitue même un point de rencontre, qui eût paru improbable il y a à peine 15 ou 20 ans, entre la recherche universitaire et la culture populaire, avec notamment l’étude transmédiatique de fictions post-apocalyptiques dans la bande dessinée, les téléséries ou les jeux vidéo, sans compter les scénarios d’apocalypse zombie auxquels s’intéressent de plus en plus d'universitaires. Ce colloque, ouvert à des chercheurs de toutes disciplines, se propose de faire le point sur la question. Du fait de sa transdisciplinarité, il permettra de dégager des perspectives inédites sur notre souci de l’avenir.
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