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Moktar Lamari : École nationale d'administration publique
Au Québec, dix ans après l'adoption d'une loi dédiée à la modernisation de l'administration publique et à l'optimisation de l'action gouvernementale, plusieurs initiatives et procédures ont été mises en place pour systématiser et encadrer les activités d'évaluation des programmes et politiques publics. Cette systématisation s'est inscrite dans la foulée de mesures complémentaires visant aussi la gestion de la performance des interventions gouvernementales : vérification, mesure de la satisfaction, tableau de bord, planification stratégique, etc. Si le déploiement de ces différentes mesures a été progressif et diffus, les administrations publiques ont été exposées à des impératifs méthodologiques et des paradigmes de management public qui ne sont pas nécessairement compatibles et faciles à gérer avec les moyens disponibles et les procédures en vigueur.
La recherche proposée traite de l'évaluation de la performance de l'action gouvernementale dans le contexte du Québec. Elle apporte une lecture évolutive du processus d'institutionnalisation des mécanismes d'évaluation et des défis opérationnels à relever pour faire de l'évaluation un levier capable d'optimiser les retombées bénéfiques susceptibles d'améliorer le bien-être des contribuables. Elle met en perspective quelques nouvelles implications relativement aux hiatus mettant en jeu l'institutionnalisation de l'évaluation des politiques publiques ainsi que les défis opérationnels et méthodologiques associés.
La prise de décision conjugue toujours la distribution du pouvoir (qui décide de quoi ?) et l’évaluation (sur quelle base justifie-t-on la décision?). Les entreprises collectives (publiques et d’économie sociale) disposent de structures de pouvoir et d’évaluation différentes des autres entreprises, leur finalité mettant les parties prenantes au cœur des processus décisionnels – par voie de démocratie directe ou représentative – et des mécanismes évaluatifs – par voie de participation (volontaire) et de vérification (obligatoire).
Les notions de gouvernance et d’évaluation sont d’habitude traitées séparément. Ce colloque propose de les mettre en relation. Suivre le fil de la gouvernance jusqu’aux indicateurs permet de pousser plus loin la réflexion sur la gouvernance, et de jeter un regard neuf sur le caractère politique et social – et non simplement technique – de l’évaluation.
La première session fera un retour sur la notion de gouvernance. Quels enjeux dans le contexte actuel ? Quel lien entre gouvernance des organisations et gouvernance des réseaux? Le champ des entreprises publiques et d’économie sociale est-il fertile pour mieux comprendre le sens de la gouvernance aujourd’hui ?
La deuxième session portera sur les déclinaisons pratiques de la gouvernance dans les entreprises collectives. Quel est l’état de la gouvernance aujourd’hui? Quels sont les enjeux qui se posent? Comment envisage-t-on l’avenir ?
Les sessions en après-midi porteront sur les indicateurs. Est-ce que l’information disponible permet de prendre les bonnes décisions ? Qu’en est-il de la triple reddition de comptes ? Quels sont les indicateurs à privilégier ? Quelles sont les méthodes qui permettent de conduire des évaluations robustes et fondées par les besoins des parties concernées ? En d’autres mots, comment vit-on les exigences de la gouvernance en matière d’information?
Le mardi matin, une conférence suivie d’une table ronde seront présentées conjointement par le CIRIEC et CRISES. La table ronde portera sur l’innovation sociale.