Veuillez choisir le dossier dans lequel vous souhaitez ajouter ce contenu :
Membre a labase
Alexandrine Boudreault-Fournier : University of Victoria
Bien que l'on puisse penser que le montage vidéo repose sur l'assemblage d'images, la dimension sonore du montage et de sa relation avec le visuel demande à être sérieusement prise en considération d'un point de vue anthropologique. Le travail du compositeur Michel Chion (1983; 1985; 1990; 2009) nous servira de base pour approfondir les relations qui existent entre les dimensions visuelles et sonores. Pour appuyer cette démarche, nous explorerons l'installation vidéo Derrumbeat (2013) réalisée par Alexandrine Boudreault-Fournier et deux artistes sonores, l'un provenant de la Havane, DI Jigüey, et l'autre de Montréal, Smi Le. Cette installation tente à travers le montage visuel et sonore de transformer la perception que nous pouvons avoir d'un site. Grâce à l'enregistrement de sons ambiants d'un édifice abandonné de la vieille Havane, et de leurs transformations postérieures, cette installation démontre l'importance du son, et plus encore, de la relation générée par le jumelage du son avec l'image, dans la construction d'une trame narrative filmique. Enfin, cette présentation se penchera d'un point de vue théorique sur la notion d'intermédialité dans le processus de montage de textes audio-visuels.
Au croisement de l’anthropologie visuelle, de la photographie documentaire et de préoccupations proprement sociales, la sociologie visuelle s’enracine dans l’idée que le chercheur ne doit pas se limiter à élaborer un savoir sur les images, mais qu’il doit aussi compter avec les images. Elle invite ainsi à capter visuellement le monde pour rendre compte de ce qu'il donne à voir. Mais, après cette captation initiale, comment s’effectue l’expression, l’interprétation et la transmission par et avec les images, de l’expérience du social? Comment le visuel, cette « matière » d’expérience, peut-il à son tour modeler le sens?
En effet, entre l’échantillonnage des données visuelles et leur réception, un moment crucial doit être pensé : celui, critique, du montage. Il s’agit de l’étape, proprement heuristique, où s’opère la mise en ordre du sens par l’écriture visuelle, c’est-à-dire par la construction d’une narration censée restituer les « effets de présence » des images. Or, le récit par l’image ne s’élabore pas ici à travers les mots, mais bien par le montage visuel, c’est-à-dire par la combinaison de liens, de correspondances, d’analogies. Les ensembles d’images composés ouvrent alors des espaces inédits d’intelligibilité, cartographiant les sensibilités et transcrivant, par-delà le langage, la réalité de la culture et de la vie sociale.
Comment alors penser et articuler la construction d’un récit en images? Quelle est la place, voire la préséance, des récits textuels et iconologiques dans une démarche de sociologie visuelle? Comment le chercheur doit-il combiner les « effets de présence » des images tout en restant attentif aux « effets de sens » propres à l’interprétation? À la lumière de réflexions théoriques, de recherches expérimentales et de réalisations visuelles originales, le colloque vise ainsi à dégager quelques perspectives actuelles qui proposent d’explorer le social par les artefacts visuels.
Résolument pluridisciplinaires, les quatre sessions qui composent le colloque s’attardent à faire état des réflexions qui animent les recherches en cultures visuelles. Que ce soit à travers les récits filmiques et audiovisuels, l’agencement des images dans les présentations visuelles, le croisement des récits iconologiques et textuels, les montages de la presse écrite, l’écriture photographique et artistique comme les corpus très actuels des images d’amateurs… en toile de fond et en horizon de ces explorations, la trame du social est interrogée, configurée, imaginée, re-pensée.
Le colloque se place sous l'égide du CELAT (Centre interuniversitaire d'études sur les lettres, les arts et les traditions).
Titre du colloque :
Thème du colloque :