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Deux standards et deux mesures dans la volonté de conservation du patrimoine toponymique autochtone?

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Sükran Tipi : Université Laval

Résumé de la communication

Les noms de lieux, transmis par tradition orale de génération en génération depuis des
millénaires, servent de témoins de la symbiose entre les Autochtones et leur
milieu, désignant des entités géographiques avec lesquelles ils entraient en
contact lors de leurs activités traditionnelles et leurs déplacements. Or la
sauvegarde et la promotion du patrimoine toponymique dépend encore d'autorités
compétentes. La fluidité de la tradition orale entre en conflit avec les
critères d'évaluation et les règles de normalisation définis pour guider les
choix officiels, tendance touchant les Premières Nations dont la situation
linguistique n'est pas normalisée, comme c'est le cas des Pekuakamiulnuatsh
(Innus du Lac Saint-Jean), à Mashteuiatsh. En partant du besoin local d'un
inventaire toponymique qui s'insère dans un processus de revitalisation linguistique
et culturelle, on présentera les défis rencontrés lors d'un projet de
documentation en langue innue depuis 2008. Par des exemples concrets,
différentes questions seront soulevées et des amorces de solution livrées à la
discussion : Comment identifier et documenter les toponymes issus d'une
longue tradition orale pour démontrer leur évolution à travers le temps?
Comment faire la traduction, souvent difficile, du sens au moins approximatif
de ces toponymes, souvent exigée par les modèles occidentaux? Comment appuyer
une démarche vers la reconnaissance et l'officialisation de ces noms de lieux
comme patrimoine immatériel?

Résumé du colloque

Le présent colloque vise à mettre en valeur le développement nordique de l’intérieur, c’est-à-dire du point de vue des populations autochtones qui y vivent depuis des millénaires, qu’elles soient inuit, crie, naskapie, innue, anishnabe ou atikamekw; s’ajoute également la population autochtone des milieux urbains régionaux localisée dans le moyen nord québécois. Dans les débats qui ont mobilisé des milliers de personnes autour du fameux Plan Nord du gouvernement québécois depuis les trois dernières années, très peu de place a été laissée jusqu’à maintenant aux approches du développement proposées par les peuples autochtones eux-mêmes, à leurs propres visions du progrès, de l’économie, de l’environnement et de la vie sociale. L’exercice vise à examiner de manière un peu plus ciblée les expériences, les savoirs, les expertises et les aspirations des Peuples autochtones des régions nordiques de la province en matière de développement : comment ce développement est-il envisagé par les jeunes, les femmes, les aînés, les hommes? Quelles postures ont adopté les instances politiques au regard des nouveaux enjeux? Quelles avenues alternatives, le cas échéant, ont été proposées? Ce colloque permettra également de faire le bilan des dernières décennies en matière d’exploitation des ressources renouvelables et non-renouvelables, toujours du point de vue des premiers concernés. En effet, le territoire nordique a été abondamment exploité et transformé depuis les années 1970. Des traités ont été signés avec les Peuples autochtones, des milliers de kilomètres de route ont été tracées, de nouvelles frontières territoriales ont été délimitées. Pourtant, les discours récents autour du Plan Nord en ont rarement fait état. Le territoire nordique demeure un monde méconnu et mal connu. En réunissant des acteurs du monde académique et du monde autochtone, ce colloque sera l’occasion d’élargir le débat et d’explorer de nouvelles avenues de recherche.

Contexte

section icon Thème du congrès 2013 (81e édition) :
Savoirs sans frontières
section icon Date : 6 mai 2013

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