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Du salon à l'Académie : sociabilités informelles et formelles dans la correspondance de Henri-Raymond Casgrain au 19e siècle

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Manon Brunet : UQTR- Université du Québec à Trois-Rivières

Résumé de la communication

Au sein d'un réseau, même tissé serré, la correspondance prend des formes et occupe des fonctions différentes, selon les objectifs et les complicités que les épistoliers partagent. Le réseau français de Henri Raymond Casgrain est particulièrement éloquent à ce titre. L'animateur des lettres canadiennes n'accomplit pas moins de quinze voyages en Europe entre 1858 et 1899, dont la majorité sont en France durant les hivers surtout à partir de 1885. Durant ces longs séjours dans les milieux intellectuels français, Casgrain fréquente autant les salonnières que les académiciens. Ces relations sont soigneusement entretenues par des billets quotidiens ou par la correspondance à distance entre 1887 et 1903 que nous avons retracés dans des fonds d'archives. La sphère privée, informelle, féminine est autant sollicitée que la sphère publique, formelle, masculine des académiciens. Dans les salons, les sociabilités sont perméables à l'actualité politique ; auprès des académiciens, elles manoeuvrent l'institutionnalisation du souvenir. Nous voudrions montrer la posture que Casgrain adopte dans chacun de ces milieux et la réception qui lui est réservée en tant que Canadien, historien et abbé de salon.

Résumé du colloque

La correspondance, forme discursive fortement répandue au 19e siècle, a longtemps été dominée par une lecture strictement documentaire, négligeant ainsi les considérations politiques, sociales, culturelles ou esthétiques. L’objet de cette journée d’étude est double. D’une part, il s’agit de faire le point sur les recherches actuellement consacrées aux oeuvres épistolaires du 19e siècle québécois et, d’autre part, d’interroger les différents types de relations qui se nouent entre l’épistolaire, le social et la naissance d’une littérature nationale. En somme, retracer les échos de la sensibilité du siècle à même le dit et le non-dit épistolaire.

En s’intéressant à la pratique de la correspondance chez les écrivains comme chez les sans-nom, il est possible de rectifier certains préconçus historiques, de réhabiliter des groupes d’individus, dont les femmes, ou de revisiter quelques trajectoires ou œuvres du corpus québécois. Si les spécialistes de l’épistolaire en France conçoivent ce siècle du privé, de l’éveil des nationalités, de l’historiographie et du romantisme comme une période de rupture ou de transition dans l’usage que font les individus de leur correspondance, il reste à observer ce qu’il en est au Québec. Voici quelques pistes de réflexion possibles :

Quels rapports la lettre entretient-elle avec les autres modes de sociabilité?

Que révèlent les correspondances de l’époque sur les pratiques de lecture?

Quel est l’usage que font les épistoliers des modèles et des codes en vigueur?

La lettre est-elle conçue comme un laboratoire de l’oeuvre littéraire?

Quelles sont les postures d’écriture privilégiées?

Dans quelle mesure la lettre participe-t-elle à la circulation des idées et des discours?

Contexte

section icon Thème du congrès 2013 (81e édition) :
Savoirs sans frontières
section icon Date : 6 mai 2013

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