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Espace et géopolitique contemporaine : le sens du territoire planétaire

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Louis-Etienne PIGEON : Université Laval

Résumé de la communication

À l'heure de la globalisation, les grandes puissances occidentales ont déjà étendu leurs réseaux d'influence ou de contrôle sur l'ensemble du globe. Cette mouvance s'est effectuée largement par la conquête militaire, qui implique des occupations territoriales formelles, ou par des formes d'expansion culturelle qui incorporent les territoires visés au sein de la sphère d'influence du monde moderne. Ainsi peut-on admettre qu'il existe désormais une certaine homogénéité du territoire mondial : la géographie l'a cartographié, exploré et systématisé. On définit le territoire par la géographie naturelle et humaine, avec des systèmes géologiques, des écosystèmes et des États. Mais au plan des relations de pouvoir, cette même géographie se définit par une occupation technique qui relève d'un autre principe. En effet, une étude géopolitique montre que le principe d'occupation formelle, hérité d'une conception classique de la guerre et de la conquête, a laissé place à un principe de surveillance, hérité de la conception hobbesienne de l'exercice du pouvoir intra-étatique. Cette présentation vise à définir le mode d'occupation territorial tel qu'il est pratiqué par les grandes puissances occidentales contemporaines, en relation avec le développement de la technique moderne et de son pouvoir opérationnel de déstructuration des territoires dans une perspective de mise en abîme des spécificités territoriales humaines vécues au profit d'une logique spatiale neutralisante et objectifiante.

Résumé du colloque

Nous nous souvenons tous de cette phrase assassine qui clôturait les Thèses sur Feuerbach de Marx et Engels : « Les philosophes n’ont fait qu’interpréter le monde de différentes manières, ce qui importe, c’est de le transformer. » Loin d’en entériner d’emblée le constat, la Société de Philosophie du Québec (SPQ) voudrait plutôt, pour son Congrès 2013, convier les philosophes de tous horizons à réfléchir et échanger sur la manière dont la philosophie a, de tous temps, compris son efficace sur le monde. Que le moteur de l’acte de philosopher soit de transformer celui qui en est l’auteur, celui à qui il s’adresse ou encore l’objet qu’il se donne, on ne saurait douter que la philosophie même lorsqu’elle interprète le monde, cherche toujours à le transformer, lui ou ses habitants. À moins, bien sûr, que la philosophie ne soit que le reflet des changements qui s’opèrent dans le monde dont elle est issue…

S’agit-il, comme dans le cas des tentatives qui visent à définir la « vie bonne », de fournir les conditions de possibilité d’une maîtrise ou d’une production de soi, alors la philosophie se donne comme remède, hygiène, exercice ou démarche créatrice. Pour les philosophies qui prennent pour objet les pratiques sociales et les normes sur lesquelles elles s’articulent, c’est leur propre teneur théorique qui prend valeur de praxis dans un effort pour « changer la façon commune de penser » (Denis Diderot). Ainsi, qu’elle demeure purement critique ou qu’elle se donne pour fondatrice de normes nouvelles, la philosophie, toujours, cherche à atteindre les institutions qui fabriquent le sujet ou qui structurent ses relations au monde ou aux autres et d’en ébranler la légitimité.

Les questions qui sont ouvertes par ce thème sont nombreuses et cherchent à rendre possible la constitution d’échanges féconds entre philosophes issus de toutes les spécialisations et de toutes les écoles.

Contexte

section icon Thème du congrès 2013 (81e édition) :
Savoirs sans frontières
section icon Date : 6 mai 2013

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