pen icon Colloque
quote

Étude d'un cas sympathique : le problème du bégaiement chez David Hume

MA

Membre a labase

Marie-hélène Audy : Université de Montréal

Résumé de la communication

Dans le chapitre 5 de l'Enquête sur les principes de la morale, David Hume présente plusieurs exemples afin d'expliquer pour quelles raisons l'utilité est une caractéristique qui est ordinairement agréable pour les individus. Il a alors souvent recours à la sympathie et laisse entendre qu'elle joue un rôle non-négligeable dans l'appréciation de l'utilité. Cependant, toute la question est de savoir à quelle espèce de sympathie on a affaire car les exemples sont variés et suffisamment différents pour que l'on puisse douter qu'une seule espèce de sympathie soit toujours à l'œuvre... Ainsi, suivant les passages, les sympathies décrites par Hume semblent tantôt appartenir à la catégorie des conversions d'idées en impressions, tantôt se rapprocher de la « contagion des mœurs », tantôt être simplement considérées comme des synonymes de la compassion. La diversité des sympathies dans ce chapitre rend difficile la compréhension du texte et pose des problèmes d'interprétation. On verra que le paragraphe 5.2.37 qui commence par des indications sur le bégaiement et sur le déplaisir qu'il procure, illustre particulièrement bien ces problèmes. Hume en effet y use à trois reprises du terme « sympathie », mais il le fait d'une manière quelque peu équivoque. D'une part, les trois usages de la sympathie ne semblent pas être les mêmes; d'autre part la sympathie semble varier suivant le point de vue avec lequel on aborde cet exemple.

Résumé du colloque

Nous nous souvenons tous de cette phrase assassine qui clôturait les Thèses sur Feuerbach de Marx et Engels : « Les philosophes n’ont fait qu’interpréter le monde de différentes manières, ce qui importe, c’est de le transformer. » Loin d’en entériner d’emblée le constat, la Société de Philosophie du Québec (SPQ) voudrait plutôt, pour son Congrès 2013, convier les philosophes de tous horizons à réfléchir et échanger sur la manière dont la philosophie a, de tous temps, compris son efficace sur le monde. Que le moteur de l’acte de philosopher soit de transformer celui qui en est l’auteur, celui à qui il s’adresse ou encore l’objet qu’il se donne, on ne saurait douter que la philosophie même lorsqu’elle interprète le monde, cherche toujours à le transformer, lui ou ses habitants. À moins, bien sûr, que la philosophie ne soit que le reflet des changements qui s’opèrent dans le monde dont elle est issue…

S’agit-il, comme dans le cas des tentatives qui visent à définir la « vie bonne », de fournir les conditions de possibilité d’une maîtrise ou d’une production de soi, alors la philosophie se donne comme remède, hygiène, exercice ou démarche créatrice. Pour les philosophies qui prennent pour objet les pratiques sociales et les normes sur lesquelles elles s’articulent, c’est leur propre teneur théorique qui prend valeur de praxis dans un effort pour « changer la façon commune de penser » (Denis Diderot). Ainsi, qu’elle demeure purement critique ou qu’elle se donne pour fondatrice de normes nouvelles, la philosophie, toujours, cherche à atteindre les institutions qui fabriquent le sujet ou qui structurent ses relations au monde ou aux autres et d’en ébranler la légitimité.

Les questions qui sont ouvertes par ce thème sont nombreuses et cherchent à rendre possible la constitution d’échanges féconds entre philosophes issus de toutes les spécialisations et de toutes les écoles.

Contexte

section icon Thème du congrès 2013 (81e édition) :
Savoirs sans frontières
section icon Date : 6 mai 2013

Découvrez d'autres communications scientifiques

Autres communications du même congressiste :