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Caroline Gilbert : Université Laval
Les cellules dendritiques jouent un rôle primordial dans la transmission du virus de l'immunodéficience humaine (VIH-1) ainsi que dans le développement de la réponse immunitaire innée et acquise, et ce en partie grâce aux nanovésicules ou exosomes qu'elles libèrent selon leurs états d'activation. Ces nanovésicles biologiques participent étroitement à la communication intercellulaire. Ces exosomes libérés lors de la transmission du VIH-1 aux lymphocytes T CD4 peuvent affecter la viabilité des cellules avoisinantes. La voie de dissémination des exosomes converge ainsi avec celle de la capture et du transfert des particules du VIH-1. Les particules virales et les exosomes partageant des propriétés similaires telles que la taille et leur contenu protéique, lipidique et en acides nucléiques, il est donc difficile de les distinguer. Afin de les identifier et de les purifier, nous avons adapté des méthodes au laboratoire qui nous ont permis de caractériser les exosomes et les particules virales. Plusieurs fonctions sur les exosomes restent encore énigmatiques, mais selon la littérature, les exosomes ont la capacité d'augmenter ou d'inhiber des voies métaboliques des cellules et cela en fonction de leur état d'activation. Enfin, ces vésicules libérées dans les tissus à la suite d'une activation cellulaire peuvent aussi se retrouver dans la circulation sanguine et refléter ainsi l'activation locale. Ce qui en fait des biomarqueurs potentiellement intéressants.
Les nanomatériaux sont utilisés en recherche biomédicale et en médecine. Par exemple, des nanoparticules magnétiques permettent de suivre des cellules par imagerie de résonance magnétique; des particules poreuses permettent de livrer des médicaments de façon sélective pour certains organes; l’utilisation de nanoparticules d’argent est à l’étude, afin de contrôler la prolifération bactérienne; des particules pseudovirales sont utilisées pour le développement de nouveaux vaccins. Afin de pouvoir prendre toute leur place dans la médecine de demain, les différentes nanotechnologies doivent faire l'objet d'études approfondies : tout d'abord, la synthèse de ces produits doit être parfaitement reproductible; ensuite, les particularités de leurs propriétés physico-chimiques doivent être étudiées en profondeur et avec grande précision; la surface des nanoparticules et des nanomatériaux doit souvent être recouverte de molécules ou polymères permettant d'en augmenter la stabilité colloïdale et la biocompatibilité. Finalement, la stabilité chimique et colloïdale des particules et les mécanismes de dégradation des nanomatériaux doivent être étudiés en profondeur, et les risques de toxicité cellulaire, physiologique et histologique doivent être évalués. Ainsi, le domaine des nanoparticules et des nanomatériaux pour la médecine recèle des enjeux complexes et interreliés.
Les nouveaux systèmes de nanoparticules doivent cependant faire l’objet d’une évaluation attentive et poussée, afin de bien comprendre leurs mécanismes physico-chimiques et biologiques intrinsèques, leur biodistribution lorsque injectés dans un organisme, les potentiels risques de toxicité liés à leur utilisation dans le vivant, ainsi que leur impact éventuel dans la médecine diagnostique et thérapeutique de demain.
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