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Expertises de l'intervention sociale : quels modèles pour quelles éthiques ?

BJ

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Barbant Jean-Christophe : Université Paris Cité

Résumé de la communication

Nous développerons trois points permettant de saisir l'impact des formes d'expertise dans le mode de gestion des institutions sociales. Le premier élément porte sur le refus de la figure de « l'expert » par les acteurs de l'intervention sociale. Nous proposerons une analyse de ce refus et nous rechercherons à comprendre ce qui structure la demande d'expertise dans le champ de l'intervention sociale. Le second élément insistera sur la différenciation des modèles de l'expertise de l'intervention sociale et le repérage de chacun de ces modèles dans la gestion des institutions sociales. L'expertise de l'intervention sociale recouvre un ensemble de pratiques professionnelles en matière d'étude, de développement de projets, de conseils ou encore d'évaluation. Nous étudierons les effets d'une demande accrue de rationalisation des interventions sociales et éducatives par des formes diverses d'expertise et notamment sur la construction des « dynamiques du sujet » dans l'intervention sociale. Enfin, nous insisterons sur le modèle d'analyse des formes d'expertises reliant les notions d'imaginaires, de postures et d'éthiques en précisant pour chacun des modèles les enjeux éthiques fondamentaux.

Résumé du colloque

L’espace sociopolitique se transforme au gré d’une démocratisation constante des structures sociopolitiques et de l’identification des fractures entre les attentes normatives de la société civile, des particuliers, et des instances institutionnelles. Pour y remédier, l’éthique est souvent convoquée en tant qu’« outil de réparation du lien social ». Alors que les structures démocratiques (au sein de l’espace politique, organisationnel, social, etc.) sont traitées à partir de ces transformations majeures que sont l’individualisation, l’ébranlement des relations sociales, la crise des normes, etc., le rôle de l’éthique n’est pas interrogé pour lui-même, pas plus que celui de l’intervenant en éthique.

D’ailleurs, la fonction de celui-ci prête souvent à confusion, comme peuvent aisément en témoigner ceux et celles conduisant de telles interventions. Les attentes à son égard sont multiples selon les acteurs organisationnels, politiques, etc. – employés, employeurs, politiques, société civile, etc. – auxquels il s’adresse. En réalité, la difficulté de l’intervention en éthique est qu’elle se situe toujours à l’intersection d’attentes normatives assez distinctes voire contradictoires alors que la fonction même de l’intervenant en éthique n’est pas institutionnalisée en tant que telle et ne renvoie pas à une assise professionnelle clairement définie. Cela n’empêche pas que les « consultants » en éthique se font plus nombreux et que des formations universitaires en éthique permettent à certains et certaines de prétendre à une forme d’expertise en la matière.

Ce colloque aura donc pour objectif d’échafauder les jalons d’une réflexion philosophique, éthique et critique sur l’intervenant en éthique : quel rôle devrait être le sien ? De quelle légitimité peut-il se réclamer ? Comment se conçoit son identité d’action ? S’apparente-t-il à la figure de l’expert, du praticien-réflexif, de l’accompagnateur ? Ce sont quelques-unes des questions qui seront abordées lors de ce colloque.

Contexte

section icon Thème du congrès 2013 (81e édition) :
Savoirs sans frontières
section icon Date : 6 mai 2013

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