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Joël Bégin : Université Laval
La fiction est, au premier abord, dénuée de référent : elle semble renvoyer à un travail libre de l’imagination qui, sans être complètement dissocié du réel, ne dit en fait rien du monde actuel. Or j’aimerais explorer, grâce à l’appareil conceptuel développé par Paul Ricœur dans La métaphore vive et le triptyque Temps et récit, l’hypothèse selon laquelle le discours fictionnel détient une référence et est à même de prétendre à une forme de vérité. Cette hypothèse est sous-tendue par l’idée que le langage porte toujours sur quelque chose, sur ce qui est. Comment soutenir cette assertion alors que le langage fictionnel, contrairement au discours ordinaire, fait advenir grâce à l’imagination cela même qu’il affirme? Il convient de se réapproprier, face à cette difficulté, le concept ancestral de mimèsis qui constitue, aux yeux de Ricœur, la dimension dénotative de la fiction. La mimèsis, loin d’être une pâle copie de la réalité, est à la fois soumission au réel et invention fabuleuse. C’est dire qu’une tension entre vérité et artifice est inscrite au cœur même de l’invention, auquel mot il faut restituer son double sens de découverte et de création. Il ne saurait y avoir de fiction sans une part de vérité. Le statut de cette vérité demeure toutefois ici indéterminé : il nous faudra tenter d’en asseoir le concept ailleurs que dans les sphères conventionnelles du vérificationnisme, de l’adéquation et de la cohérence logique, tout en en critiquant la portée.
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