pen icon Colloque
quote

Fonctionnalisation de nanoparticules luminescentes à conversion ascendante par la temoporphine (m-THPC) : une nouvelle génération de photosensibilisateurs

QY

Membre a labase

Qing Yu : Université Concordia

Résumé de la communication

La thérapie photodynamique (TPD) est une technique de traitement du cancer, basée sur la combinaison d'une source lumineuse de longueur d'onde spécifique et d'un photosensibilisateur. Elle permet de générer des espèces de l'oxygène singlet et d'induire une cytotoxicité sur les cellules cancéreuses. Actuellement, la 2me génération de photosensibilisateurs (5,10,15,20-Tetra(m-hydroxyphenyl)chlorin (m-THPC) est plus active que les porphyrines, et absorbe la lumière dans le rouge. Cependant, les bandes d'absorption du m-THPC ne sont pas dans la région optimale du proche infrarouge, ou les tissus biologiques absorbent peu. Pour augmenter la pénétration de la lumière dans les tissus, cette étude présente la fonctionnalisation avec m-THPC, de nanoparticules LiYF4:Tm3+/Yb3+ (UCNP) à conversion ascendante. Leur efficacité en TPD est démontrée par la génération de l'oxygène singlet après activation du photosensibilisateur par l'adsorption de la lumière bleue produite par les UCNPs. Dans cette approche synthétique, le m-THPC a été modifié avec l'acide 4-(bromomethyle) benzoique (MBA) pour interagir directement avec les ions lanthanides de nanoparticules. De plus, le greffage du MBA sur le m-THPC produit dans son spectre d'absorption un déplacement batchochrome, un bon recouvrement avec le spectre d'émission d'UCNPs et donc un transfert d'énergie efficace. Les études in vitro ont montré une bonne efficacité des photo-nanoparticules pour la destruction des cellules cervicales de type HeLa.

Résumé du colloque

Les nanomatériaux sont utilisés en recherche biomédicale et en médecine. Par exemple, des nanoparticules magnétiques permettent de suivre des cellules par imagerie de résonance magnétique; des particules poreuses permettent de livrer des médicaments de façon sélective pour certains organes; l’utilisation de nanoparticules d’argent est à l’étude, afin de contrôler la prolifération bactérienne; des particules pseudovirales sont utilisées pour le développement de nouveaux vaccins. Afin de pouvoir prendre toute leur place dans la médecine de demain, les différentes nanotechnologies doivent faire l'objet d'études approfondies : tout d'abord, la synthèse de ces produits doit être parfaitement reproductible; ensuite, les particularités de leurs propriétés physico-chimiques doivent être étudiées en profondeur et avec grande précision; la surface des nanoparticules et des nanomatériaux doit souvent être recouverte de molécules ou polymères permettant d'en augmenter la stabilité colloïdale et la biocompatibilité. Finalement, la stabilité chimique et colloïdale des particules et les mécanismes de dégradation des nanomatériaux doivent être étudiés en profondeur, et les risques de toxicité cellulaire, physiologique et histologique doivent être évalués. Ainsi, le domaine des nanoparticules et des nanomatériaux pour la médecine recèle des enjeux complexes et interreliés.

Les nouveaux systèmes de nanoparticules doivent cependant faire l’objet d’une évaluation attentive et poussée, afin de bien comprendre leurs mécanismes physico-chimiques et biologiques intrinsèques, leur biodistribution lorsque injectés dans un organisme, les potentiels risques de toxicité liés à leur utilisation dans le vivant, ainsi que leur impact éventuel dans la médecine diagnostique et thérapeutique de demain.

Contexte

section icon Thème du congrès 2013 (81e édition) :
Savoirs sans frontières
section icon Date : 6 mai 2013

Découvrez d'autres communications scientifiques

Autres communications du même congressiste :