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Marilou St-Pierre : Université Laval
Le journalisme sportif est l'un des derniers bastions masculins du champ journalistique. En effet, les femmes ne représentent qu'environ 10 % des effectifs rédactionnels dédiés au sport, alors qu'en 2006, près de 45 % des journalistes recensés au Québec était des femmes. La féminisation des effectifs, c'est-à-dire le nombre de femmes dans la profession, ne suit donc pas la même progression dans le domaine du sport que pour l'ensemble de la profession. Mais la féminisation du journalisme n'est pas seulement relative aux effectifs. Il s'agit également de changements à l'intérieur même des pratiques professionnelles, alors que des caractéristiques associées traditionnellement au féminin deviennent parties prenantes des pratiques quotidiennes. Mais qu'en est-il du féminin dans un milieu traditionnellement masculin comme l'est le journalisme sportif, où la masculinité est érigée comme la norme dominante? Dans le cadre de ma communication, je souhaite donc m'intéresser à la question de la légitimité du féminin, tel que sous-entendu par la division arbitraire induite par le système de genre, dans le sous-champ journalistique du sport. Plus précisément, je propose d'interroger la légitimité des journalistes sportives dans leur milieu de travail et dans leur interaction avec les sportifs.
Les études féministes au Québec ont contribué depuis leur émergence à enrichir le milieu québécois de la recherche et méritaient un thème fédérateur qui saurait rendre compte de cette expertise foisonnante. Le colloque « Féminismes en genre et en nombre » se veut donc un carrefour d’idées et de thèmes de recherche afin de témoigner de la richesse de la production scientifique des chercheures féministes. Il chapeautera des ateliers thématiques et des tables rondes autour des thématiques suivantes : division sexuelle du travail de soin et services sociaux, genre et médias, marché de l’emploi et rapports sociaux de sexe, violence sexuelles et conjugales, les maternités, féminisme et lesbianisme : divergences et convergences théoriques et politiques.
Ces thématiques ouvrent un espace large et ouvert de réflexions et de recherches, tout en ciblant des enjeux au cœur de la retraduction de la structure matérielle et symbolique de genre. La division sexuelle du travail productif et reproductif, les violences faites aux femmes, les contraintes à l’hétérosexualité, le pouvoir social et symbolique des médias sont, en effet, des points nodaux des rapports sociaux de sexe inégalitaires. Déjà objets de recherches depuis quelques décennies, ces thèmes sont maintenant revisités avec des outils théoriques et méthodologiques hérités des débats traversant le champ des études féministes. Notons, par exemple, ceux proposés pour penser la complexité des interactions entre les différentes formes d’inégalités sociales, l’imbrication des rapports de pouvoir et des discriminations.
Ce colloque sera l’occasion d’éclairer le foisonnement actuel des recherches sur les femmes, dans une perspective féministe ou présentant une analyse de genre. Des recherches diversifiées et actuelles qui se situent en continuité ou en rupture avec les héritages théoriques déjà nombreux en études féministes, ce qui favorise la poursuite de la réflexion et de la discussion.
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