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La conception platonicienne de la contradiction

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Genevieve Lachance : Université de Montréal

Résumé de la communication

Il revient à Aristote d'avoir été le premier à formuler le principe de contradiction et à définir la contradiction logique (ou « contradiction formelle ») comme l'opposition d'une affirmation et d'une négation. Toutefois, il n'en demeure pas moins que plusieurs philosophes antérieurs lui ont préparé le terrain. Ainsi, Parménide, Gorgias et Platon ont tous proposé une formulation explicite du principe de contradiction, de laquelle Aristote s'est inspiré à divers degrés. En ce qui concerne la contradiction logique, les choses apparaissent sous un autre jour: bien que les prédécesseurs d'Aristote décrivent quelquefois des raisonnements contradictoires dans leurs textes, on ne retrouve à première vue aucune formulation explicite de la contradiction logique dans ceux-ci. Mais, en est-il vraiment ainsi? La communication proposée cherchera à répondra à cette question en s'appuyant sur l'œuvre du maître d'Aristote, Platon. Nous monterons qu'il existe déjà chez Platon une formulation explicite de la contradiction logique et que celle-ci, quoique différente, annonce la formulation aristotélicienne. L'analyse se concentrera sur les termes et les métaphores utilisées par Platon pour décrire l'acte de (se) contredire et montrera que Platon distinguait deux types de contradiction. Enfin, une attention toute particulière sera portée à la méthode qu'il convient de privilégier dans le cadre d'une analyse portant sur la « préhistoire » des concepts.

Résumé du colloque

Nous nous souvenons tous de cette phrase assassine qui clôturait les Thèses sur Feuerbach de Marx et Engels : « Les philosophes n’ont fait qu’interpréter le monde de différentes manières, ce qui importe, c’est de le transformer. » Loin d’en entériner d’emblée le constat, la Société de Philosophie du Québec (SPQ) voudrait plutôt, pour son Congrès 2013, convier les philosophes de tous horizons à réfléchir et échanger sur la manière dont la philosophie a, de tous temps, compris son efficace sur le monde. Que le moteur de l’acte de philosopher soit de transformer celui qui en est l’auteur, celui à qui il s’adresse ou encore l’objet qu’il se donne, on ne saurait douter que la philosophie même lorsqu’elle interprète le monde, cherche toujours à le transformer, lui ou ses habitants. À moins, bien sûr, que la philosophie ne soit que le reflet des changements qui s’opèrent dans le monde dont elle est issue…

S’agit-il, comme dans le cas des tentatives qui visent à définir la « vie bonne », de fournir les conditions de possibilité d’une maîtrise ou d’une production de soi, alors la philosophie se donne comme remède, hygiène, exercice ou démarche créatrice. Pour les philosophies qui prennent pour objet les pratiques sociales et les normes sur lesquelles elles s’articulent, c’est leur propre teneur théorique qui prend valeur de praxis dans un effort pour « changer la façon commune de penser » (Denis Diderot). Ainsi, qu’elle demeure purement critique ou qu’elle se donne pour fondatrice de normes nouvelles, la philosophie, toujours, cherche à atteindre les institutions qui fabriquent le sujet ou qui structurent ses relations au monde ou aux autres et d’en ébranler la légitimité.

Les questions qui sont ouvertes par ce thème sont nombreuses et cherchent à rendre possible la constitution d’échanges féconds entre philosophes issus de toutes les spécialisations et de toutes les écoles.

Contexte

section icon Thème du congrès 2013 (81e édition) :
Savoirs sans frontières
section icon Date : 6 mai 2013

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