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Louis-Serge Gill : UQTR- Université du Québec à Trois-Rivières
Participant régulier à l'École littéraire de Montréal, héritier direct des poètes canadiens et français du XIXe siècle, où se situe Charles Gill ? Selon Jeanne Paul-Crouzet, l'œuvre entamée par Gill se distingue de celle de ses prédécesseurs et de ses contemporains : « Mais c'est surtout dans la substance poétique elle-même que résidera l'originalité de Charles Gill [...], cet être tout de sensibilité, dans ce poète qui ''sentait et ne raisonnait pas'', un aède de haute allure philosophique. » (1946 : 163) Entre 1910 et 1918, le poète tiendra durant les dernières années de sa vie, une correspondance régulière avec son ami et poète Louis-Joseph Doucet. Depuis la parution de ces lettres en 1969, la critique littéraire semble en avoir oublié la richesse. Nous pensons qu'il serait à propos d'y revenir pour une meilleure connaissance du poète qu'était Charles Gill, mais aussi afin d'en faire une analyse de la perception que Gill avait de lui-même, encore toute à décrypter dans les lettres, confrontée à la perception que l'on avait de lui à l'époque et surtout, à ce qui était la norme au XIXe siècle. Ainsi, il serait possible d'observer une continuité ou une rupture d'avec les grands modèles canadiens qui le précédaient et, à travers la représentation qu'il avait de lui-même, de saisir les conditions d'émergence ou de refoulement de la posture de l'écrivain marginal dans la vie littéraire de l'époque.
La correspondance, forme discursive fortement répandue au 19e siècle, a longtemps été dominée par une lecture strictement documentaire, négligeant ainsi les considérations politiques, sociales, culturelles ou esthétiques. L’objet de cette journée d’étude est double. D’une part, il s’agit de faire le point sur les recherches actuellement consacrées aux oeuvres épistolaires du 19e siècle québécois et, d’autre part, d’interroger les différents types de relations qui se nouent entre l’épistolaire, le social et la naissance d’une littérature nationale. En somme, retracer les échos de la sensibilité du siècle à même le dit et le non-dit épistolaire.
En s’intéressant à la pratique de la correspondance chez les écrivains comme chez les sans-nom, il est possible de rectifier certains préconçus historiques, de réhabiliter des groupes d’individus, dont les femmes, ou de revisiter quelques trajectoires ou œuvres du corpus québécois. Si les spécialistes de l’épistolaire en France conçoivent ce siècle du privé, de l’éveil des nationalités, de l’historiographie et du romantisme comme une période de rupture ou de transition dans l’usage que font les individus de leur correspondance, il reste à observer ce qu’il en est au Québec. Voici quelques pistes de réflexion possibles :
Quels rapports la lettre entretient-elle avec les autres modes de sociabilité?
Que révèlent les correspondances de l’époque sur les pratiques de lecture?
Quel est l’usage que font les épistoliers des modèles et des codes en vigueur?
La lettre est-elle conçue comme un laboratoire de l’oeuvre littéraire?
Quelles sont les postures d’écriture privilégiées?
Dans quelle mesure la lettre participe-t-elle à la circulation des idées et des discours?
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