Veuillez choisir le dossier dans lequel vous souhaitez ajouter ce contenu :
Membre a labase
Nicolas Saucier : Université Laval
Dans les communautés gays, il y a, en ce moment, une pratique sexuelle de plus en plus présente qui inquiète beaucoup la santé publique : le barebacking (les relations sexuelles délibérément non protégées). On assiste à une renégociation des normes et de l'emprise de la santé publique sur les choix des individus. Dans la culture gay, le corps a une place centrale dans les luttes depuis longtemps, que ce soit par le culte du corps, l'éclatement de la sexualité et la multiplication des plaisirs du corps, la présentation des corps dans les parades dans les rues, etc. Les communautés gays sont aussi très familières avec les nouvelles technologies et les médias, utilisant internet depuis longtemps pour se créer des lieux de rencontre, d'échange et de discussion dans l'anonymat et à l'abri des regards désapprobateurs. Aujourd'hui, les communautés de barebackers ont des espaces en ligne bien à eux où les utilisateurs discutent et repensent le corps, la sexualité, la santé, les normes et la déviance. Cette présentation vise à éclairer la montée du barebacking et les pratiques de renégociation des normes auxquelles se livrent les barebackers qui revendiquent leur corps à travers des médias des plus désincarnées.
Le CELAT (Centre interuniversitaire d’études sur les lettres, les arts et les traditions) propose de tenir son colloque annuel à l’Acfas sur le thème « Lieux de passage et vivre-ensemble ». Depuis deux ans, notre centre développe une expertise sur le concept de vivre-ensemble, entendu comme les formes et les enjeux de la vie collective découlant de la diversité et du pluralisme, marquant les relations entre les groupes majoritaires et minoritaires ou minorisés et les individus qui les composent, leurs interactions et formes de vie et d’expression, leurs appartenances à des territoires, leurs langages, leurs mémoires et leurs expérimentations. Pour ce colloque, nous souhaitons explorer ce concept à travers les « lieux de passage » qui forment un véritable laboratoire des relations du nous-même au nous-autre marquant une évolution constante du vivre-ensemble. Nous entendons par lieux de passage autant des espaces physiques que des espaces temporels ou symboliques, dont les frontières sont inexistantes ou en perpétuelle redéfinition. À l’ère de la pluralisation croissante des sociétés et de la mouvance de celles-ci, le vivre-ensemble trouve toute sa pertinence dans ces lieux de passage.
Pour explorer cette thématique, une séance plénière organisée autour de ces deux notions permettra de réfléchir à ces deux notions envisagées différemment selon les implications (trans-)disciplinaires de chacun. Par la suite, quatre grands axes de recherche ont été identifiés afin de traiter de la question sous des perspectives différentes. Le premier concerne le vivre-ensemble appréhendé à travers les lieux de la mobilité pour saisir la reconceptualisation des frontières normatives, que celles-ci soient corporelles (corps et média), transnationales (mobilité franco-canadienne) ou sociétales (politique et artistique). Le deuxième axe se consacre à la trame narrative des lieux naturels et bâtis comme reflet de la collectivité, trame examinée à partir de la question de l’urbanisation diffuse à l’aune du développement durable. Le troisième explore la mise en représentation du vivre-ensemble à travers des sites patrimoniaux en crise qui connaissent une période de transition. Le quatrième s’articule autour de lieux sujets à la performativité du vivre-ensemble qui amènent une réflexion sur le rôle de l’art dans la sphère publique (l’art et la ville) ou scientifique (audio-vision et expériences du monde).
Titre du colloque :
Thème du colloque :