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La réception des traditions d'arts martiaux chinois en Occident — un modèle analytique pour comprendre les innovations religieuses

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Dominic LaRochelle : Université Laval

Résumé de la communication

Richard Bergeron est certainement le premier au Québec à avoir étudié de façon systématique la fascination occidentale pour les spiritualités asiatiques, et ce en les présentant à l'intérieur du phénomène plus global des « nouvelles religions ». Malgré l'originalité de son analyse, on peut cependant reprocher à Bergeron, comme à d'autres avant et après lui, de ne pas avoir su distinguer les religions asiatiques prises dans leur contexte traditionnel de la réception de ces mêmes religions dans les sociétés occidentales. En effet, dans leurs transferts en Occident, ces traditions ne sont jamais adoptées telles quelles; elles passent toujours par un processus de transformations et d'adaptations dont il faut tenir compte. En ce sens, les théories de la réception mettent en lumière une nouvelle facette de l'analyse de l'adoption de pratiques asiatiques. En insistant sur le rôle du « lecteur » (ou du récepteur) dans la constitution du sens, on comprend mieux pourquoi et comment des traditions, à la base étrangères, réussissent aussi facilement à répondre aux attentes occidentales en matière spirituelle. L'exemple de la réception du taiji quan, un art martial chinois populaire en Chine et en Occident, permettra de mieux comprendre ces processus, en particulier ceux en cause dans la réception du taoïsme en Occident. Dans cette perspective, il sera plus fécond de voir ces traditions, souvent très anciennes, comme des innovations religieuses.

Résumé du colloque

Premier travail d’envergure dans le champ des nouveaux groupes religieux au Québec, l'ouvrage Le cortège des fous de Dieu de Richard Bergeron (1982) a ouvert la voie à d’importantes recherches sur des sujets que peu d’universitaires n’avaient encore vraiment osé aborder. En appliquant une méthode originale fondée sur une vaste enquête, Bergeron a contribué à faire sortir l’analyse des nouvelles religions des polémiques théologiques pour la faire entrer dans les domaines de l’histoire des religions et de la sociologie religieuse. La fondation d’un Centre d’information sur les nouvelles religions (CINR), qui avait germé en conclusion de l’ouvrage, atteste clairement d’urgents besoins en matière d’information concernant ce phénomène perçu comme délicat et au centre de diverses controverses, de même que de la nécessité de procéder à des analyses sociohistoriques plus approfondies.

Que reste-t-il aujourd’hui de l’oeuvre de Richard Bergeron trente ans après sa parution? Son influence est-elle encore perceptible dans les débats académiques et populaires sur la question de l’innovation religieuse et des nouveaux groupes religieux au Québec? L’approche que l’auteur préconise est-elle encore valide pour analyser les innovations religieuses du 21e siècle? Quel héritage laisse Richard Bergeron pour les sciences des religions?

Tout en soulignant l’apport de l’œuvre de Bergeron à l’étude des nouvelles religions au Québec, ce colloque organisé par le Centre de ressources et d’observation de l’innovation religieuse (CROIR), en collaboration avec la Faculté de théologie et de sciences religieuses de l’Université Laval, est l’occasion de faire le point sur ce champ d’étude, ainsi que sur les dernières recherches menées dans les universités québécoises.

Contexte

section icon Thème du congrès 2013 (81e édition) :
Savoirs sans frontières
section icon Date : 6 mai 2013

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