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La toponymie autochtone du Nord canadien

Résumé de la communication

La
toponymie des régions faiblement peuplées du Nord des provinces jusqu'à
l'Archipel arctique canadiens connaît une transformation accélérée depuis trois
décennies. La valorisation d'une toponymie autochtone qu'on étudie, négocie
puis adopte officiellement rejoint une volonté d'affirmer une souveraineté
gouvernementale ou déléguée sur divers niveaux de nouveaux territoires, dont
les statuts et les compétences variés ne sont pas définitifs. La toponymie
devient un autre argument dans le développement économique, culturel, social et
environnemental du Nord. La compréhension des noms d'entités géographiques,
avec leurs positions, étendue et limites variables, selon les langues et
l'échelle, au gré d'usages significatifs parfois saisonniers, pose de nombreux
problèmes conceptuels, culturels, politiques et pratiques. Les conditions et
circonstances de ce renouveau toponymique imposent des restrictions mais aussi
permettent de nouvelles opportunités. Par des expériences de dénomination ou re-nomination à travers
l'histoire, allant de cueillir et cartographier des noms anciens jusqu'à remplacer
et diffuser de nouveaux toponymes dans l'usage, les autorités gouvernementales
et les représentants locaux ont initié et élaboré bien de moyens pour traiter
les difficultés et répondre adéquatement à des besoins parfois contradictoires.
Nous brosserons un tableau actuel critique des méthodes et conséquences de
l'opération administrative de cette toponymie autochtone du Nord canadien.

Résumé du colloque

Le présent colloque vise à mettre en valeur le développement nordique de l’intérieur, c’est-à-dire du point de vue des populations autochtones qui y vivent depuis des millénaires, qu’elles soient inuit, crie, naskapie, innue, anishnabe ou atikamekw; s’ajoute également la population autochtone des milieux urbains régionaux localisée dans le moyen nord québécois. Dans les débats qui ont mobilisé des milliers de personnes autour du fameux Plan Nord du gouvernement québécois depuis les trois dernières années, très peu de place a été laissée jusqu’à maintenant aux approches du développement proposées par les peuples autochtones eux-mêmes, à leurs propres visions du progrès, de l’économie, de l’environnement et de la vie sociale. L’exercice vise à examiner de manière un peu plus ciblée les expériences, les savoirs, les expertises et les aspirations des Peuples autochtones des régions nordiques de la province en matière de développement : comment ce développement est-il envisagé par les jeunes, les femmes, les aînés, les hommes? Quelles postures ont adopté les instances politiques au regard des nouveaux enjeux? Quelles avenues alternatives, le cas échéant, ont été proposées? Ce colloque permettra également de faire le bilan des dernières décennies en matière d’exploitation des ressources renouvelables et non-renouvelables, toujours du point de vue des premiers concernés. En effet, le territoire nordique a été abondamment exploité et transformé depuis les années 1970. Des traités ont été signés avec les Peuples autochtones, des milliers de kilomètres de route ont été tracées, de nouvelles frontières territoriales ont été délimitées. Pourtant, les discours récents autour du Plan Nord en ont rarement fait état. Le territoire nordique demeure un monde méconnu et mal connu. En réunissant des acteurs du monde académique et du monde autochtone, ce colloque sera l’occasion d’élargir le débat et d’explorer de nouvelles avenues de recherche.

Contexte

section icon Thème du congrès 2013 (81e édition) :
Savoirs sans frontières
section icon Date : 6 mai 2013

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