pen icon Colloque
quote

« L'accouchement est une fête qui nous appartient » (C. Lord, 1975). L'enfantement dans un Québec moderne, de 1950 à nos jours

AR

Membre a labase

Andrée Rivard : UQTR- Université du Québec à Trois-Rivières

Résumé de la communication

Durant la seconde moitié du XXe siècle, l'intensification de la médicalisation de la naissance transforme radicalement l'expérience de la mise au monde. Dès 1950, la majorité des enfantements se déroulent à l'hôpital selon le modèle de l'accouchement dirigé basé sur l'usage d'une panoplie de médicaments, de soins et d'interventions obstétricales. L'esprit réformiste de la Révolution tranquille frappe aussi de plein fouet l'enfantement. La naissance est dès lors dominée par un appareil médico-étatique qui la gère à sa façon selon un objectif de rationalisation et dans l'intention de la rendre « sans risque », ou presque. En parallèle, apparaît une nouvelle sensibilité féminine à l'égard de l'accouchement considéré comme un moment-clé de l'existence qui se doit d'être vécu en toute lucidité (sans drogues) et dans la joie. Une conscience accrue des risques engendrés par la médicalisation, au plan de la santé physique et mentale, donne lieu à partir des années 1970 à un mouvement inédit d'affirmation des droits des femmes enceintes par rapport à un système qui récuse leur autonomie et marginalise leurs désirs personnels. Ce mouvement de conquête est toujours en cours.

Résumé du colloque

Les études féministes au Québec ont contribué depuis leur émergence à enrichir le milieu québécois de la recherche et méritaient un thème fédérateur qui saurait rendre compte de cette expertise foisonnante. Le colloque « Féminismes en genre et en nombre » se veut donc un carrefour d’idées et de thèmes de recherche afin de témoigner de la richesse de la production scientifique des chercheures féministes. Il chapeautera des ateliers thématiques et des tables rondes autour des thématiques suivantes : division sexuelle du travail de soin et services sociaux, genre et médias, marché de l’emploi et rapports sociaux de sexe, violence sexuelles et conjugales, les maternités, féminisme et lesbianisme : divergences et convergences théoriques et politiques.

Ces thématiques ouvrent un espace large et ouvert de réflexions et de recherches, tout en ciblant des enjeux au cœur de la retraduction de la structure matérielle et symbolique de genre. La division sexuelle du travail productif et reproductif, les violences faites aux femmes, les contraintes à l’hétérosexualité, le pouvoir social et symbolique des médias sont, en effet, des points nodaux des rapports sociaux de sexe inégalitaires. Déjà objets de recherches depuis quelques décennies, ces thèmes sont maintenant revisités avec des outils théoriques et méthodologiques hérités des débats traversant le champ des études féministes. Notons, par exemple, ceux proposés pour penser la complexité des interactions entre les différentes formes d’inégalités sociales, l’imbrication des rapports de pouvoir et des discriminations.

Ce colloque sera l’occasion d’éclairer le foisonnement actuel des recherches sur les femmes, dans une perspective féministe ou présentant une analyse de genre. Des recherches diversifiées et actuelles qui se situent en continuité ou en rupture avec les héritages théoriques déjà nombreux en études féministes, ce qui favorise la poursuite de la réflexion et de la discussion.

Contexte

section icon Thème du congrès 2013 (81e édition) :
Savoirs sans frontières
news icon Thème du colloque :
Féminismes en genre et en nombre
section icon Date : 6 mai 2013

Découvrez d'autres communications scientifiques

news icon

Titre du colloque :

Féminismes en genre et en nombre

Autres communications du même congressiste :

news icon

Thème du colloque :

Féminismes en genre et en nombre