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Baptiste Godrie : Université de Sherbrooke
La participation citoyenne dans le domaine de la santé mentale est une pratique promue par les institutions du réseau de la santé et des services sociaux (RSSS) québécois de la première à la troisième ligne. La rhétorique – soutenue par des plans d'action ministériels comme La Force des liens – n'est pas nouvelle, mais gagne désormais l'organisation des services, l'intervention et la recherche. Nous présenterons les tensions entre deux visions de la participation au sein d'un comité consultatif en matière d'organisation des services de santé mentale d'un établissement de première ligne du RSSS : celle portée par des gestionnaires, qui met l'accent sur les utilisateurs de services conçus comme des informateurs privilégiés sur les services, et celle portée par un groupe de citoyens avec une expérience vécue des problèmes de santé mentale qui cherchent à faire reconnaître l'impact de leurs conditions de vie sur leur santé. À la norme gestionnaire de la participation s'ajoute une norme qui régit les interactions entre les différents participants et a pour effet de stigmatiser les personnes avec une expérience vécue des problèmes de santé mentale. Nous appuierons notre analyse sur des exemples tirés d'une soixantaine d'entretiens réalisés entre 2010 et 2012 avec des citoyens-participants, des chercheurs, des gestionnaires et des intervenants dans deux terrains (un comité consultatif et un projet de recherche en santé mentale).
La normativité est le champ d’étude privilégié de plusieurs disciplines (droit, sociologie, politique, philosophie, psychologie, etc.). Habitus, stigmate, discipline : au cours du 20e siècle, elle a été déclinée, observée, étudiée, sous différentes formes, selon des référents multiples. Néanmoins depuis quelques décennies, suivant l’évolution de l’organisation sociale, les perspectives théoriques se renouvellent, ouvrant la voie à de véritables postures épistémiques.
Référent singulier se déclinant de façon plurielle, la norme constitue un objet polysémique en constante transformation. À une époque où l’on décrit des phénomènes tel que la judiciarisation, la médicalisation, la psychologisation des rapports sociaux, les cadres normatifs se démultiplient et les normes se présentent sous les formes les plus diverses : encadrantes (juridique), internalisées (responsabilité individuelle, autonomie), symboliques (valeurs, standards, habitudes, idéaux), etc. Impossibles à mettre en œuvre, parfois ouvertement contestées, elles déclinent les infractions allant du risque à l’anormalité. Face au pluralisme normatif, l’individu contemporain se retrouve avec la tâche d'agencer, de coordonner et de donner un sens aux différents univers normatifs entre lesquels il circule, endossant des rôles multiples.
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