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Sandrine Ricci : UQAM - Université du Québec à Montréal
Au Québec comme ailleurs, à un niveau local ou international, la traite des femmes à des fins d'exploitation sexuelle a pour objet d'approvisionner un marché prostitutionnel qui se fonde sur la demande croissante — essentiellement masculine — pour des corps féminins et du sexe exotique, au prix le plus bas. Notre communication expose trois dimensions clés du dispositif de violence à l'œuvre dans ce type de traite humaine : la culture de banalisation de la marchandisation du corps et de la sexualité des femmes ; la question du pseudo-consentement des femmes prostituées et l'industrie du sexe comme manifestation exacerbée de la violence patriarcale. Il ressort que, prenant appui sur le capitalisme et sur les différents rapports de pouvoir à l'œuvre dans nos sociétés, un tel commerce est à inscrire comme l'une des modalités dont se sert le patriarcat pour se recomposer.
Les études féministes au Québec ont contribué depuis leur émergence à enrichir le milieu québécois de la recherche et méritaient un thème fédérateur qui saurait rendre compte de cette expertise foisonnante. Le colloque « Féminismes en genre et en nombre » se veut donc un carrefour d’idées et de thèmes de recherche afin de témoigner de la richesse de la production scientifique des chercheures féministes. Il chapeautera des ateliers thématiques et des tables rondes autour des thématiques suivantes : division sexuelle du travail de soin et services sociaux, genre et médias, marché de l’emploi et rapports sociaux de sexe, violence sexuelles et conjugales, les maternités, féminisme et lesbianisme : divergences et convergences théoriques et politiques.
Ces thématiques ouvrent un espace large et ouvert de réflexions et de recherches, tout en ciblant des enjeux au cœur de la retraduction de la structure matérielle et symbolique de genre. La division sexuelle du travail productif et reproductif, les violences faites aux femmes, les contraintes à l’hétérosexualité, le pouvoir social et symbolique des médias sont, en effet, des points nodaux des rapports sociaux de sexe inégalitaires. Déjà objets de recherches depuis quelques décennies, ces thèmes sont maintenant revisités avec des outils théoriques et méthodologiques hérités des débats traversant le champ des études féministes. Notons, par exemple, ceux proposés pour penser la complexité des interactions entre les différentes formes d’inégalités sociales, l’imbrication des rapports de pouvoir et des discriminations.
Ce colloque sera l’occasion d’éclairer le foisonnement actuel des recherches sur les femmes, dans une perspective féministe ou présentant une analyse de genre. Des recherches diversifiées et actuelles qui se situent en continuité ou en rupture avec les héritages théoriques déjà nombreux en études féministes, ce qui favorise la poursuite de la réflexion et de la discussion.
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