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Le fonctionalisme des états mentaux et la théorie des ficta de Guillaume d'Ockham

DG

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Deni Gamboa : UQAM - Université du Québec à Montréal

Résumé de la communication

D'après le fonctionnalisme métaphysique, ce qui caractérise un certain état mental est son rôle causal ou fonction. Ce qui fait qu'un certain état mental soit l'état qu'il est – par exemple, un état de douleur – est son rôle causal par rapport à certains stimulis – ou inputs, par rapport à certains outputs et par rapport à certains autres états mentaux. D'ailleurs, d'après cette sorte de fonctionnalisme, un certain type d'état mental peut être réalisé de manières multiples, c'est-à-dire de manière indépendante à la nature du système où il est réalisé. Ces deux caractéristiques, au moins, doivent être satisfaites par n'importe quelle théorie fonctionnaliste portant sur la nature des états mentaux. Mon objectif dans cette communication consiste à
donner des raisons suffisantes pour soutenir que la première théorie de l'esprit d'Ockham – celle qui considère que les concepts généraux et les propositions sont des ficta, des entités qui ne sont pas réelles – est une théorie fonctionnaliste en ce qui concerne la nature des états mentaux. Pour Ockham, en effet, ce qui caractérise un certain état mental est son rôle
causal par rapport à certains inputs et certains autres états mentaux. Les ficta, en conséquence, ne sont pas des états mentaux dans la première théorie d'Ockham, mais plutôt des objets intentionnels. D'ailleurs, chez Ockham, en effet, les anges et les humains partagent certains types d'états mentaux. Donc, certains états mentaux sont réalisés de manières multiples.

Résumé du colloque

Nous nous souvenons tous de cette phrase assassine qui clôturait les Thèses sur Feuerbach de Marx et Engels : « Les philosophes n’ont fait qu’interpréter le monde de différentes manières, ce qui importe, c’est de le transformer. » Loin d’en entériner d’emblée le constat, la Société de Philosophie du Québec (SPQ) voudrait plutôt, pour son Congrès 2013, convier les philosophes de tous horizons à réfléchir et échanger sur la manière dont la philosophie a, de tous temps, compris son efficace sur le monde. Que le moteur de l’acte de philosopher soit de transformer celui qui en est l’auteur, celui à qui il s’adresse ou encore l’objet qu’il se donne, on ne saurait douter que la philosophie même lorsqu’elle interprète le monde, cherche toujours à le transformer, lui ou ses habitants. À moins, bien sûr, que la philosophie ne soit que le reflet des changements qui s’opèrent dans le monde dont elle est issue…

S’agit-il, comme dans le cas des tentatives qui visent à définir la « vie bonne », de fournir les conditions de possibilité d’une maîtrise ou d’une production de soi, alors la philosophie se donne comme remède, hygiène, exercice ou démarche créatrice. Pour les philosophies qui prennent pour objet les pratiques sociales et les normes sur lesquelles elles s’articulent, c’est leur propre teneur théorique qui prend valeur de praxis dans un effort pour « changer la façon commune de penser » (Denis Diderot). Ainsi, qu’elle demeure purement critique ou qu’elle se donne pour fondatrice de normes nouvelles, la philosophie, toujours, cherche à atteindre les institutions qui fabriquent le sujet ou qui structurent ses relations au monde ou aux autres et d’en ébranler la légitimité.

Les questions qui sont ouvertes par ce thème sont nombreuses et cherchent à rendre possible la constitution d’échanges féconds entre philosophes issus de toutes les spécialisations et de toutes les écoles.

Contexte

section icon Thème du congrès 2013 (81e édition) :
Savoirs sans frontières
section icon Date : 6 mai 2013

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