Veuillez choisir le dossier dans lequel vous souhaitez ajouter ce contenu :
Membre a labase
Alex Deschênes : Université Laval
Jean de la Croix occupe une place unique dans l’histoire de l’Occident, à la fois un saint et un mystique, reconnu comme tel par la tradition chrétienne, et un poète célébré par toute la littérature espagnole. À ce titre, l’exemple de Jean de la Croix peut apporter un éclairage précieux à l’étude de la poésie mystique et l’art mystique en général.
L’œuvre poétique de Jean de la Croix est étonnamment brève : sept poèmes dont on s’accorde à reconnaître l’authenticité, au plus environ 950 vers. Ce qui fait dire au poète Jorge Guillén : « Saint Jean de la Croix est le grand poète le plus bref de la langue espagnole, peut-être de la littérature universelle. »
Cette contradiction illustre bien l’œuvre du mystique espagnol. Toute sa poésie est tissée de ces paradoxes : « lumière obscure », « mélodie silencieuse », « plaie délicieuse ». Chez ce poète et mystique, l’acte créateur même apparaît paradoxal. Comment cet homme qui n’a cessé de dire l’impossibilité de parler arrive-t-il à transcrire son expérience par des poèmes ?
La poésie sanjuanniste est aussi des plus silencieuses. Comme le fait remarquer Jacque Ancet, « Ces paroles ou cette langue – et c’est en cela que réside leur radicalité – visent à faire entendre le silence d’où elles jaillissent et où elles reconduisent. » Le silence semble une clé pour comprendre la poésie de Jean de la Croix et l’art mystique en général. C’est paradoxalement par le silence ou le vide que l’œuvre mystique arrive à communiquer l’ineffable.
Thème du communication :
Domaine de la communication :