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Le statut du signe symbolique chez Leibniz et Kant : la possibilité d'une Idéographie

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Xavier Corsius : Université d'Ottawa

Résumé de la communication

Cette communication portera sur les liens entre la philosophie critique de Kant et le projet de Leibniz de fonder une caractéristique universelle. Elle s'inscrit dans une recherche plus large s'intéressant aux conséquences de l'épistémologie kantienne sur le projet leibnizien d'une mathesis universalis. Inspiré par la méthode algébrique, Leibniz défend l'idée de fonder une caractéristique universelle. En d'autres termes, il désire mettre en place une écriture des notions conceptuelles, une Idéographie. Leibniz veut ainsi mettre en forme tous les raisonnements et présenter de manière sensible toutes les relations logiques entre les concepts. Il en ressort une pensée particulièrement intéressante sur le signe figuré. L'hypothèse que j'énoncerai est qu'il y a dans la philosophie kantienne une doctrine du symbole sensible et que celle-ci n'est pas sourde aux visées leibniziennes. Afin de discuter de cette hypothèse de travail, on comparera la thèse de Kant qui dit que toutes constructions mathématiques et symboliques sont des constructions ostensives (Lisa Shabel, Kant “Symbolic Construction” of Mathematical Concepts, 1998) avec les thèses leibniziennes. Il semble alors possible d'affirmer que dans la Critique de la raison pure il y a un espace théorique pour le développement d'une écriture symbolique. Résultat: sur le plan défini par le projet de fonder une écriture conceptuelle, il y a une filiation historique entre les thèses de Leibniz et de Kant, mais aussi celles de Frege.

Résumé du colloque

Nous nous souvenons tous de cette phrase assassine qui clôturait les Thèses sur Feuerbach de Marx et Engels : « Les philosophes n’ont fait qu’interpréter le monde de différentes manières, ce qui importe, c’est de le transformer. » Loin d’en entériner d’emblée le constat, la Société de Philosophie du Québec (SPQ) voudrait plutôt, pour son Congrès 2013, convier les philosophes de tous horizons à réfléchir et échanger sur la manière dont la philosophie a, de tous temps, compris son efficace sur le monde. Que le moteur de l’acte de philosopher soit de transformer celui qui en est l’auteur, celui à qui il s’adresse ou encore l’objet qu’il se donne, on ne saurait douter que la philosophie même lorsqu’elle interprète le monde, cherche toujours à le transformer, lui ou ses habitants. À moins, bien sûr, que la philosophie ne soit que le reflet des changements qui s’opèrent dans le monde dont elle est issue…

S’agit-il, comme dans le cas des tentatives qui visent à définir la « vie bonne », de fournir les conditions de possibilité d’une maîtrise ou d’une production de soi, alors la philosophie se donne comme remède, hygiène, exercice ou démarche créatrice. Pour les philosophies qui prennent pour objet les pratiques sociales et les normes sur lesquelles elles s’articulent, c’est leur propre teneur théorique qui prend valeur de praxis dans un effort pour « changer la façon commune de penser » (Denis Diderot). Ainsi, qu’elle demeure purement critique ou qu’elle se donne pour fondatrice de normes nouvelles, la philosophie, toujours, cherche à atteindre les institutions qui fabriquent le sujet ou qui structurent ses relations au monde ou aux autres et d’en ébranler la légitimité.

Les questions qui sont ouvertes par ce thème sont nombreuses et cherchent à rendre possible la constitution d’échanges féconds entre philosophes issus de toutes les spécialisations et de toutes les écoles.

Contexte

section icon Thème du congrès 2013 (81e édition) :
Savoirs sans frontières
section icon Date : 6 mai 2013

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