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Le temps de l'histoire : Temps et histoire chez Kant

SB

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Steve Bourget : Université Laval

Résumé de la communication

La nouveauté introduite par la philosophie kantienne est une révolution de la pensée du temps (Deleuze, 1978). Toutefois cette révolution se retrouve viciée par son enracinement dans une conception appauvrie de l'expérience. Sur ce point, Kant est l'héritier de la philosophie de l'expérience des Lumières. Sa conception de l'expérience marque la forclusion, dans le domaine de la pensée, des dimensions théologique et historique de l'expérience humaine (Benjamin, 1918). La philosophie critique, en tant que recherche des conditions de possibilité de la connaissance objective, s'est modélisée, du moins dans les Prolégomènes à toute métaphysique future (1783), sur l'expérience de la physique mécanique newtonienne. Cette conception privilégie, sans aucune justification transcendantale, la certitude de ce qui demeure dans l'expérience, en négligeant, par exemple, le flux temporel caractéristique de la subjectivité et de l'historicité. Notre exposé inscrit le discours kantien dans son contexte historique et montre que sa conception de l'expérience vient répondre aux réquisits de la société bourgeoise émergeante en privilégiant l'identique au détriment du non-identique. Il s'agit également de montrer qu'une des conséquences du primat de l'identique est une conception homogène et continue du temps, qui n'est pas sans effet sur la théorie kantienne de l'histoire. Il appert que le temps vide kantien est le présupposé de la philosophie de l'histoire conçue comme progrès accumulatif.

Résumé du colloque

Nous nous souvenons tous de cette phrase assassine qui clôturait les Thèses sur Feuerbach de Marx et Engels : « Les philosophes n’ont fait qu’interpréter le monde de différentes manières, ce qui importe, c’est de le transformer. » Loin d’en entériner d’emblée le constat, la Société de Philosophie du Québec (SPQ) voudrait plutôt, pour son Congrès 2013, convier les philosophes de tous horizons à réfléchir et échanger sur la manière dont la philosophie a, de tous temps, compris son efficace sur le monde. Que le moteur de l’acte de philosopher soit de transformer celui qui en est l’auteur, celui à qui il s’adresse ou encore l’objet qu’il se donne, on ne saurait douter que la philosophie même lorsqu’elle interprète le monde, cherche toujours à le transformer, lui ou ses habitants. À moins, bien sûr, que la philosophie ne soit que le reflet des changements qui s’opèrent dans le monde dont elle est issue…

S’agit-il, comme dans le cas des tentatives qui visent à définir la « vie bonne », de fournir les conditions de possibilité d’une maîtrise ou d’une production de soi, alors la philosophie se donne comme remède, hygiène, exercice ou démarche créatrice. Pour les philosophies qui prennent pour objet les pratiques sociales et les normes sur lesquelles elles s’articulent, c’est leur propre teneur théorique qui prend valeur de praxis dans un effort pour « changer la façon commune de penser » (Denis Diderot). Ainsi, qu’elle demeure purement critique ou qu’elle se donne pour fondatrice de normes nouvelles, la philosophie, toujours, cherche à atteindre les institutions qui fabriquent le sujet ou qui structurent ses relations au monde ou aux autres et d’en ébranler la légitimité.

Les questions qui sont ouvertes par ce thème sont nombreuses et cherchent à rendre possible la constitution d’échanges féconds entre philosophes issus de toutes les spécialisations et de toutes les écoles.

Contexte

section icon Thème du congrès 2013 (81e édition) :
Savoirs sans frontières
section icon Date : 6 mai 2013

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