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L'environnementalisme avant et après la critique de la wilderness : entre écologie et identité territoriale

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Antoine C. Dussault : Centre interuniversitaire de recherche sur la science et la technologie (CIRST)

Résumé de la communication

Plusieurs ont montré le caractère anti-scientifique et ethnocentrique de la conception de la conservation environnementale se focalisant sur la préservation de la wilderness, c'est-à-dire de la nature vierge de toute intervention humaine. L'anti-scientificité de cette conception repose sur son incompatibilité avec une vision darwinienne du monde selon laquelle l'humain fait partie de la nature, et sur sa négation implicite du changement inhérent au monde écologique. Son ethnocentrisme vient du fait que l'idée d'établir comme norme de conservation
l'état dans lequel se trouvaient les écosystèmes du Nouveau Monde à l'arrivée des Européens ne peut être significative que du point de vue de la culture euro-américaine. Il ressort de ces critiques que la préservation de la wilderness est un objectif arbitraire. Deux alternatives à cette approche ont été principalement discutées. D'une part, l'éthique écocentrée, qui s'ancre dans la vision anhistorique et fonctionnaliste de la nature développée par l'écologie, et promeut l'établissement d'une symbiose mutualiste entre l'humain et les écosystèmes ; et d'autre part, l'éthique du patrimoine naturel, qui admet la légitimité d'un critère historique de conservation des écosystèmes, mais établit ce critère en fonction de la valeur symbolique et
identitaire qu'il peut avoir pour les populations en interaction avec les écosystèmes à conserver. L'objectif de ma présentation est de montrer comment ces deux approches sont complémentaires.

Résumé du colloque

Nous nous souvenons tous de cette phrase assassine qui clôturait les Thèses sur Feuerbach de Marx et Engels : « Les philosophes n’ont fait qu’interpréter le monde de différentes manières, ce qui importe, c’est de le transformer. » Loin d’en entériner d’emblée le constat, la Société de Philosophie du Québec (SPQ) voudrait plutôt, pour son Congrès 2013, convier les philosophes de tous horizons à réfléchir et échanger sur la manière dont la philosophie a, de tous temps, compris son efficace sur le monde. Que le moteur de l’acte de philosopher soit de transformer celui qui en est l’auteur, celui à qui il s’adresse ou encore l’objet qu’il se donne, on ne saurait douter que la philosophie même lorsqu’elle interprète le monde, cherche toujours à le transformer, lui ou ses habitants. À moins, bien sûr, que la philosophie ne soit que le reflet des changements qui s’opèrent dans le monde dont elle est issue…

S’agit-il, comme dans le cas des tentatives qui visent à définir la « vie bonne », de fournir les conditions de possibilité d’une maîtrise ou d’une production de soi, alors la philosophie se donne comme remède, hygiène, exercice ou démarche créatrice. Pour les philosophies qui prennent pour objet les pratiques sociales et les normes sur lesquelles elles s’articulent, c’est leur propre teneur théorique qui prend valeur de praxis dans un effort pour « changer la façon commune de penser » (Denis Diderot). Ainsi, qu’elle demeure purement critique ou qu’elle se donne pour fondatrice de normes nouvelles, la philosophie, toujours, cherche à atteindre les institutions qui fabriquent le sujet ou qui structurent ses relations au monde ou aux autres et d’en ébranler la légitimité.

Les questions qui sont ouvertes par ce thème sont nombreuses et cherchent à rendre possible la constitution d’échanges féconds entre philosophes issus de toutes les spécialisations et de toutes les écoles.

Contexte

section icon Thème du congrès 2013 (81e édition) :
Savoirs sans frontières
section icon Date : 6 mai 2013

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