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Les chemins de la libération : analyse comparative des éthiques spinoziste et stoïciennes

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Alexandre Rouette : UQTR- Université du Québec à Trois-Rivières

Résumé de la communication

Malgré leur grande distance spatio-temporelle, les thèses défendues par Baruch Spinoza et par les philosophes stoïciens semblent se rejoindre à bien des points de vue. Éminemment systématiques, les doctrines spinozistes et stoïciennes ont toutes deux été déclarées à la fois rationalistes, monistes, déterministes et matérialistes. Plusieurs commentateurs soutiennent une parenté profonde entre les deux systèmes, certains allant jusqu'à déclarer un renouvellement spinoziste des thèses stoïciennes. Par ailleurs, les deux philosophies sont d'abord des éthiques, cherchant l'atteinte du bonheur par l'élaboration d'une méthode pour s'affranchir des passions. Mais cette apparente proximité entre les deux philosophies est-elle tangible ou est-elle le fruit d'une mécompréhension des concepts propres à chacun des systèmes? Est-elle profonde ou simplement anecdotique? Quels sont les principaux points de divergence, de convergence? Pour répondre à ces questions, nous nous intéresserons plus particulièrement aux voies spinoziste et stoïcienne de la libération. C'est en comparant ce qui constitue le cœur de chacun des systèmes que nous pourrons déterminer les notions communes aux deux ainsi que leurs différences. Notons au passage que le caractère hautement systématique des deux philosophies nous obligera à étudier succinctement les thèses métaphysiques et logiques ; sans cela, notre compréhension des thèses éthiques risque d'être difficile.

Résumé du colloque

Nous nous souvenons tous de cette phrase assassine qui clôturait les Thèses sur Feuerbach de Marx et Engels : « Les philosophes n’ont fait qu’interpréter le monde de différentes manières, ce qui importe, c’est de le transformer. » Loin d’en entériner d’emblée le constat, la Société de Philosophie du Québec (SPQ) voudrait plutôt, pour son Congrès 2013, convier les philosophes de tous horizons à réfléchir et échanger sur la manière dont la philosophie a, de tous temps, compris son efficace sur le monde. Que le moteur de l’acte de philosopher soit de transformer celui qui en est l’auteur, celui à qui il s’adresse ou encore l’objet qu’il se donne, on ne saurait douter que la philosophie même lorsqu’elle interprète le monde, cherche toujours à le transformer, lui ou ses habitants. À moins, bien sûr, que la philosophie ne soit que le reflet des changements qui s’opèrent dans le monde dont elle est issue…

S’agit-il, comme dans le cas des tentatives qui visent à définir la « vie bonne », de fournir les conditions de possibilité d’une maîtrise ou d’une production de soi, alors la philosophie se donne comme remède, hygiène, exercice ou démarche créatrice. Pour les philosophies qui prennent pour objet les pratiques sociales et les normes sur lesquelles elles s’articulent, c’est leur propre teneur théorique qui prend valeur de praxis dans un effort pour « changer la façon commune de penser » (Denis Diderot). Ainsi, qu’elle demeure purement critique ou qu’elle se donne pour fondatrice de normes nouvelles, la philosophie, toujours, cherche à atteindre les institutions qui fabriquent le sujet ou qui structurent ses relations au monde ou aux autres et d’en ébranler la légitimité.

Les questions qui sont ouvertes par ce thème sont nombreuses et cherchent à rendre possible la constitution d’échanges féconds entre philosophes issus de toutes les spécialisations et de toutes les écoles.

Contexte

section icon Thème du congrès 2013 (81e édition) :
Savoirs sans frontières
section icon Date : 6 mai 2013

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