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Lettres d'un exilé, lettres d'un condamné : postures et possibles littéraires dans les années 1830-1840

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Marie-Frédérique Desbiens : Université Laval

Résumé de la communication

Dans la compréhension du XIXe siècle québécois, les écrits de patriotes sont incontournables. À l'intérieur de ce corpus, les lettres de Chevalier de Lorimier se distinguent en tant que « chef-d'œuvre épistolaire » (Mailhot, 1996). Elles semblent aujourd'hui avoir éclipsé l'ensemble de la production littéraire des années 1830-40, comme si le testament politique du condamné pouvait la résumer à lui seul. Or, il existe d'autres écrits fondamentaux qui permettent d'éclairer ce moment historique et culturel sans précédent. C'est le cas des lettres de Siméon Marchesseault, patriote exilé aux Bermudes en 37, que la présente communication étudiera. Si cette dernière correspondance construit, de la même manière que celle de Lorimier, la figure du martyr (Randall, 2002) et révèle une dimension personnelle dans les missives à Judith, elle comporte également un horizon public, « scientifique » et médiatique qu'il faut cerner. Le contexte de l'exil, bien distinct de celui de l'emprisonnement, favorise en effet le regard ethnographique de l'épistolier, rapprochant ses textes d'autres genres tels le récit de voyage et le reportage. La présence de la presse et le rôle qu'elle joue dans la circulation de l'information - dont l'épouse se fait ici la médiatrice - est également à investiguer. En somme, l'examen des lettres de Marchesseault, avec en contrepoint celles de Lorimier, sera l'occasion d'une saisie plus complète des postures et des possibles du champ de la première moitié du XIXe siècle.

Résumé du colloque

La correspondance, forme discursive fortement répandue au 19e siècle, a longtemps été dominée par une lecture strictement documentaire, négligeant ainsi les considérations politiques, sociales, culturelles ou esthétiques. L’objet de cette journée d’étude est double. D’une part, il s’agit de faire le point sur les recherches actuellement consacrées aux oeuvres épistolaires du 19e siècle québécois et, d’autre part, d’interroger les différents types de relations qui se nouent entre l’épistolaire, le social et la naissance d’une littérature nationale. En somme, retracer les échos de la sensibilité du siècle à même le dit et le non-dit épistolaire.

En s’intéressant à la pratique de la correspondance chez les écrivains comme chez les sans-nom, il est possible de rectifier certains préconçus historiques, de réhabiliter des groupes d’individus, dont les femmes, ou de revisiter quelques trajectoires ou œuvres du corpus québécois. Si les spécialistes de l’épistolaire en France conçoivent ce siècle du privé, de l’éveil des nationalités, de l’historiographie et du romantisme comme une période de rupture ou de transition dans l’usage que font les individus de leur correspondance, il reste à observer ce qu’il en est au Québec. Voici quelques pistes de réflexion possibles :

Quels rapports la lettre entretient-elle avec les autres modes de sociabilité?

Que révèlent les correspondances de l’époque sur les pratiques de lecture?

Quel est l’usage que font les épistoliers des modèles et des codes en vigueur?

La lettre est-elle conçue comme un laboratoire de l’oeuvre littéraire?

Quelles sont les postures d’écriture privilégiées?

Dans quelle mesure la lettre participe-t-elle à la circulation des idées et des discours?

Contexte

section icon Thème du congrès 2013 (81e édition) :
Savoirs sans frontières
section icon Date : 6 mai 2013

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