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L'intervenant dans sa relation au domaine éthico-moral : approche herméneutique dans la variabilité des contextes

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Alain Létourneau : Université de Sherbrooke

Résumé de la communication

Nous allons développer l'hypothèse selon laquelle la meilleure manière de penser la relation de l'intervenant avec le langage moral des acteurs en situation est encore une posture herméneutique, c'est-à-dire qui soit fondée sur une approche compréhensive et interprétative, capable aussi bien de distanciation que de faire valoir une appartenance aux enjeux qui s'expriment dans ce langage particulier – certaines contributions de Dilthey à cet égard méritent aussi d'être rappelées au souvenir (Dilthey, 1988). Dans ce contexte, nous allons plaider pour une méthode (un mot qui veut dire se mettre en chemin, ou s'en souviendra) d'abord descriptive puis interprétative des questions morales, réservant à la réflexion éthique l'espace de distanciation qui lui est requis, sans pour autant rompre les ponts avec les enjeux très concrets qui se débattent au quotidien, enjeux sans lesquels la démarche éthique risquerait de perdre son sens.

Résumé du colloque

L’espace sociopolitique se transforme au gré d’une démocratisation constante des structures sociopolitiques et de l’identification des fractures entre les attentes normatives de la société civile, des particuliers, et des instances institutionnelles. Pour y remédier, l’éthique est souvent convoquée en tant qu’« outil de réparation du lien social ». Alors que les structures démocratiques (au sein de l’espace politique, organisationnel, social, etc.) sont traitées à partir de ces transformations majeures que sont l’individualisation, l’ébranlement des relations sociales, la crise des normes, etc., le rôle de l’éthique n’est pas interrogé pour lui-même, pas plus que celui de l’intervenant en éthique.

D’ailleurs, la fonction de celui-ci prête souvent à confusion, comme peuvent aisément en témoigner ceux et celles conduisant de telles interventions. Les attentes à son égard sont multiples selon les acteurs organisationnels, politiques, etc. – employés, employeurs, politiques, société civile, etc. – auxquels il s’adresse. En réalité, la difficulté de l’intervention en éthique est qu’elle se situe toujours à l’intersection d’attentes normatives assez distinctes voire contradictoires alors que la fonction même de l’intervenant en éthique n’est pas institutionnalisée en tant que telle et ne renvoie pas à une assise professionnelle clairement définie. Cela n’empêche pas que les « consultants » en éthique se font plus nombreux et que des formations universitaires en éthique permettent à certains et certaines de prétendre à une forme d’expertise en la matière.

Ce colloque aura donc pour objectif d’échafauder les jalons d’une réflexion philosophique, éthique et critique sur l’intervenant en éthique : quel rôle devrait être le sien ? De quelle légitimité peut-il se réclamer ? Comment se conçoit son identité d’action ? S’apparente-t-il à la figure de l’expert, du praticien-réflexif, de l’accompagnateur ? Ce sont quelques-unes des questions qui seront abordées lors de ce colloque.

Contexte

section icon Thème du congrès 2013 (81e édition) :
Savoirs sans frontières
section icon Date : 6 mai 2013

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