pen icon Colloque
quote

L'intervenant en éthique dans le réseau de la santé et des services sociaux. Un survol des travaux visant le développement de standards de pratique

Résumé de la communication

Notre présentation présentera les travaux en cours provenant de différents groupes et organismes visant à développer l'éthique des soins ou l'éthique clinique pour ces intervenants. Aux États-Unis et dans le Canada anglais, on parle de Practicing Healthcare Ethicist (PHE), terme qui n'existe pas à proprement parler dans le vocabulaire francophone courant. On parlera d'éthicien clinique, de consultant ou de conseiller en éthique mais cela n'incorpore pas la dimension de la pratique effective de l'éthique comme rôle principal, comme mode d'intervention en soi avec ses cadres théoriques dans un établissement de soins. Il demeure que plusieurs débats ont cours des deux côtés de la frontière et même outremer sur le sujet de la professionnalisation de l'éthique. Mais l'éthique peut-elle être une profession? Peut-on apprendre ou enseigner l'éthique? Qui peut prétendre être éthicien? Nous discuterons des enjeux liés à la professionnalisation de l'éthique des soins de santé et la volonté de plusieurs PHE de s'entendre minimalement sur des standards de pratique grâce à un processus de délibération initié par les intervenants en éthique eux-mêmes, et non pas imposé par quelconque organisme. Nous sommes d'avis que le processus de légitimation de l'intervenant en éthique doit être d'abord être amorcé par les personnes qui occupent légitimement ces positions dans les organisations et non pas laissé à des intérêts externes.

Résumé du colloque

L’espace sociopolitique se transforme au gré d’une démocratisation constante des structures sociopolitiques et de l’identification des fractures entre les attentes normatives de la société civile, des particuliers, et des instances institutionnelles. Pour y remédier, l’éthique est souvent convoquée en tant qu’« outil de réparation du lien social ». Alors que les structures démocratiques (au sein de l’espace politique, organisationnel, social, etc.) sont traitées à partir de ces transformations majeures que sont l’individualisation, l’ébranlement des relations sociales, la crise des normes, etc., le rôle de l’éthique n’est pas interrogé pour lui-même, pas plus que celui de l’intervenant en éthique.

D’ailleurs, la fonction de celui-ci prête souvent à confusion, comme peuvent aisément en témoigner ceux et celles conduisant de telles interventions. Les attentes à son égard sont multiples selon les acteurs organisationnels, politiques, etc. – employés, employeurs, politiques, société civile, etc. – auxquels il s’adresse. En réalité, la difficulté de l’intervention en éthique est qu’elle se situe toujours à l’intersection d’attentes normatives assez distinctes voire contradictoires alors que la fonction même de l’intervenant en éthique n’est pas institutionnalisée en tant que telle et ne renvoie pas à une assise professionnelle clairement définie. Cela n’empêche pas que les « consultants » en éthique se font plus nombreux et que des formations universitaires en éthique permettent à certains et certaines de prétendre à une forme d’expertise en la matière.

Ce colloque aura donc pour objectif d’échafauder les jalons d’une réflexion philosophique, éthique et critique sur l’intervenant en éthique : quel rôle devrait être le sien ? De quelle légitimité peut-il se réclamer ? Comment se conçoit son identité d’action ? S’apparente-t-il à la figure de l’expert, du praticien-réflexif, de l’accompagnateur ? Ce sont quelques-unes des questions qui seront abordées lors de ce colloque.

Contexte

section icon Thème du congrès 2013 (81e édition) :
Savoirs sans frontières
section icon Date : 6 mai 2013

Découvrez d'autres communications scientifiques