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Jean-Christophe Bédard-Rubin : University of Toronto
Les études juridiques qui abandonnent l'approche positiviste permettent d'appréhender le phénomène normatif sous son aspect pluriel. À cet égard, les efforts de chercheurs québécois dans les dernières décennies (Rocher, Belley, Lajoie, Macdonald, etc.) ont contribué à élaborer un appareil conceptuel raffiné et efficace lorsqu'utilisé dans des recherches empiriques. Notre proposition tablera sur la distinction qu'établit Guy Rocher (Belley, 1996) entre les deux significations de l'internormativité pour offrir un cadre général d'analyse du développement dynamique des conflits internormatifs dans les sociétés contemporaines. Pour ce faire, nous présenterons d'abord une analyse brève des liens entre la sémantique et la normativité linguistique puis nous étudierons le caractère proprement normatif de la définition juridique. Nous esquisserons ensuite une trame historique à l'intérieur de laquelle peuvent s'effectuer des échanges et se développer des conflits internormatifs entre ces deux ordres (linguistique et juridique). Pour ce faire, nous illustrerons notre propos à l'aide d'exemples contemporains et tenterons de faire ressortir le potentiel empirique de cette trame interprétative pour l'étude d'autres dynamiques internormatives variées.
La normativité est le champ d’étude privilégié de plusieurs disciplines (droit, sociologie, politique, philosophie, psychologie, etc.). Habitus, stigmate, discipline : au cours du 20e siècle, elle a été déclinée, observée, étudiée, sous différentes formes, selon des référents multiples. Néanmoins depuis quelques décennies, suivant l’évolution de l’organisation sociale, les perspectives théoriques se renouvellent, ouvrant la voie à de véritables postures épistémiques.
Référent singulier se déclinant de façon plurielle, la norme constitue un objet polysémique en constante transformation. À une époque où l’on décrit des phénomènes tel que la judiciarisation, la médicalisation, la psychologisation des rapports sociaux, les cadres normatifs se démultiplient et les normes se présentent sous les formes les plus diverses : encadrantes (juridique), internalisées (responsabilité individuelle, autonomie), symboliques (valeurs, standards, habitudes, idéaux), etc. Impossibles à mettre en œuvre, parfois ouvertement contestées, elles déclinent les infractions allant du risque à l’anormalité. Face au pluralisme normatif, l’individu contemporain se retrouve avec la tâche d'agencer, de coordonner et de donner un sens aux différents univers normatifs entre lesquels il circule, endossant des rôles multiples.
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