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Marie-Caroline Heïd : Université de Montpellier
La notion de culture participative semble aujourd'hui s'imposer comme une évidence dans de nombreuses pratiques ordinaires et professionnelles dans le domaine de l'information et de la communication en ligne. Nous proposons d'examiner les différentes normes qui circonscrivent cette notion et leur institutionnalisation progressive. Nous analysons dans un premier temps les normes identitaires communes de la presse participative, en prenant appui sur des données recueillies dans le cadre de notre recherche doctorale en sciences de l'information et communication. Pour mener une comparaison avec le secteur de la communication, nous convoquons également des données recueillies dans le cadre d'une enquête qualitative que nous menons actuellement sur l'institutionnalisation progressive des pratiques émanant du métier d'« animateur/gestionnaire de communautés ». Afin d'identifier les normes communes de ces différents médias, nous ne nous concentrons pas sur les usages effectifs, mais sur les usages prescrits, soit les affordances des dispositifs qui actualisent une gamme d'actions appropriées, accessibles dans l'immédiat (Gibson, 1977). À un niveau synchronique, nous analysons les éléments de cadres normatifs des dispositifs analysés, considérés comme des propositions d'actions stabilisées, par une analyse sémiotique situationnelle (Mucchielli, 2005). Nous étudions ensuite les évolutions de ces normes, à un niveau diachronique, en convoquant les référents de l'analyse institutionnelle.
La normativité est le champ d’étude privilégié de plusieurs disciplines (droit, sociologie, politique, philosophie, psychologie, etc.). Habitus, stigmate, discipline : au cours du 20e siècle, elle a été déclinée, observée, étudiée, sous différentes formes, selon des référents multiples. Néanmoins depuis quelques décennies, suivant l’évolution de l’organisation sociale, les perspectives théoriques se renouvellent, ouvrant la voie à de véritables postures épistémiques.
Référent singulier se déclinant de façon plurielle, la norme constitue un objet polysémique en constante transformation. À une époque où l’on décrit des phénomènes tel que la judiciarisation, la médicalisation, la psychologisation des rapports sociaux, les cadres normatifs se démultiplient et les normes se présentent sous les formes les plus diverses : encadrantes (juridique), internalisées (responsabilité individuelle, autonomie), symboliques (valeurs, standards, habitudes, idéaux), etc. Impossibles à mettre en œuvre, parfois ouvertement contestées, elles déclinent les infractions allant du risque à l’anormalité. Face au pluralisme normatif, l’individu contemporain se retrouve avec la tâche d'agencer, de coordonner et de donner un sens aux différents univers normatifs entre lesquels il circule, endossant des rôles multiples.
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