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Rollande Deslandes : UQTR- Université du Québec à Trois-Rivières
La littérature scientifique regorge d'écrits montrant que des relations école-famille positives sont d'une importance incommensurable pour s'assurer de la réussite et de la persévérance scolaires (Cyrulnik et Pourtois, 2007; Deslandes, 2009; Epstein, 2011). Or, le contexte du «renouveau pédagogique» où figurent l'approche par compétences et des changements majeurs en matière d'évaluation des apprentissages, engendrent beaucoup de questionnement et d'insécurité chez plusieurs parents. Après consultation auprès de parents et de membres d'équipe-école, divers outils et modes d'accompagnement des parents ont été proposés pour démystifier le processus d'évaluation des apprentissages. À l'aide du modèle de la théorie de l'activité (Engeström, 2001), nous illustrons succinctement les deux premières études d'un programme de recherche portant sur la communication école-famille dans le contexte de l'évaluation des apprentissages. Puis, nous nous centrons sur un projet pilote (3e étude) visant à développer et pré-expérimenter des ateliers mettant en action des parents d'élèves de la maternelle (n = 7) et de la sixième année (n = 3). Menée à l'aide du logiciel N'Vivo, l'analyse des propos recueillis en 2010 auprès des participants lors de ces deux études de cas révèle des tensions entre les parents et les enseignants quant aux règles en vigueur de même qu'aux rôles et responsabilités de chacun en regard de l'évaluation des apprentissages.
Depuis plusieurs années, en sciences de l’éducation comme dans d’autres disciplines, on observe un intérêt grandissant pour les théories historico-socioculturelles. Parmi celles‑ci, mentionnons la théorie de l’activité, la cognition située, la clinique de l’activité et les communautés de pratique. Ces théories s’inscrivent dans la foulée des travaux de Vygotski, mais tirent également leurs sources des théories du langage, de l’interactionnisme symbolique et du pragmatisme. Elles s’appuient toutes sur l’idée selon laquelle les individus apprennent et se développent par la médiation sociale et par l’utilisation et la transformation des artefacts issus de la culture à laquelle ils appartiennent. Dans cette perspective, l’étude de l’activité, de l’apprentissage et du développement ne peut être pensée en dehors d’un contexte donné et de sa dimension culturelle. Ce colloque entend examiner des propositions qui sont explicitement en lien avec les théories historico-socioculturelles, que ce soit du point de vue épistémologique, théorique ou méthodologique. Tous ensemble, nous chercherons à mieux cerner l’apport de ces théories à la compréhension et à l’intervention en lien avec l’apprentissage en contexte scolaire, mais aussi dans d’autres contextes d’apprentissage formels ou informels, par exemple, les environnements d’apprentissage numériques et hybrides, les milieux de travail ainsi que les musées. L’utilisation de ces théories amène plusieurs défis : délimitation de l’objet de recherche et de l’unité d’analyse, établissement d’un réseau d’acteurs impliqués, conciliation entre la complexité des contextes d’intervention et des impératifs de systématicité de la recherche, définitions et natures possibles de la médiation, notions de tensions et de contradictions, etc. Ce colloque se veut une occasion de favoriser le croisement de perspectives de recherche et d’enrichir la réflexion autour des théories historico-socioculturelles.
Thème du colloque :