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Yves Gossuin : Université de Mons
Depuis plus de trente ans, les nanoparticules d'oxyde de fer sont utilisées comme agent de contraste en imagerie par résonance magnétique (IRM), notamment en imagerie cellulaire. De nouveaux composés à base de terres rares ont aussi été produits ces dernières années. Différentes théories ont été développées afin de comprendre l'effet de ces différentes particules sur la relaxation magnétique nucléaire de l'eau, qui est à l'origine du contraste qu'ils induisent en IRM. Ces modèles théoriques ont été validés par des simulations numériques et des mesures de relaxométrie. Ils permettent maintenant de prévoir a priori l'influence des paramètres physico-chimiques des particules (taille, aimantation, état d'agglomération) sur leur efficacité en IRM. On peut donc dresser le portrait-robot de la particule magnétique idéale, qui diffère selon qu'on souhaite un agent positif ou négatif à haut ou à bas champ magnétique.
Les nanomatériaux sont utilisés en recherche biomédicale et en médecine. Par exemple, des nanoparticules magnétiques permettent de suivre des cellules par imagerie de résonance magnétique; des particules poreuses permettent de livrer des médicaments de façon sélective pour certains organes; l’utilisation de nanoparticules d’argent est à l’étude, afin de contrôler la prolifération bactérienne; des particules pseudovirales sont utilisées pour le développement de nouveaux vaccins. Afin de pouvoir prendre toute leur place dans la médecine de demain, les différentes nanotechnologies doivent faire l'objet d'études approfondies : tout d'abord, la synthèse de ces produits doit être parfaitement reproductible; ensuite, les particularités de leurs propriétés physico-chimiques doivent être étudiées en profondeur et avec grande précision; la surface des nanoparticules et des nanomatériaux doit souvent être recouverte de molécules ou polymères permettant d'en augmenter la stabilité colloïdale et la biocompatibilité. Finalement, la stabilité chimique et colloïdale des particules et les mécanismes de dégradation des nanomatériaux doivent être étudiés en profondeur, et les risques de toxicité cellulaire, physiologique et histologique doivent être évalués. Ainsi, le domaine des nanoparticules et des nanomatériaux pour la médecine recèle des enjeux complexes et interreliés.
Les nouveaux systèmes de nanoparticules doivent cependant faire l’objet d’une évaluation attentive et poussée, afin de bien comprendre leurs mécanismes physico-chimiques et biologiques intrinsèques, leur biodistribution lorsque injectés dans un organisme, les potentiels risques de toxicité liés à leur utilisation dans le vivant, ainsi que leur impact éventuel dans la médecine diagnostique et thérapeutique de demain.
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