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Philosophie et intervention en éthique : le bilan d'un intervenant

RL

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Richard Linteau

Résumé de la communication

Ma communication se propose de présenter un bilan critique de ma pratique comme intervenant en éthique. Ce bilan s'appuiera sur une expérience d'une dizaine d'années à travers divers types de mandats réalisés dans plusieurs organisations publiques et parapubliques. En plus de réfléchir au rôle que peut jouer l'intervenant, je traiterai de l'incontournable question de la légitimité de son travail. Cette dernière question s'impose avec force au philosophe de formation que je suis. Comment en effet penser la portée pratique d'une discipline se déclinant plus souvent qu'autrement dans un registre ayant peu d'affinités avec le caractère très concret de l'intervention ? Je montrerai que la perspective pragmatiste que j'adopte dans mon travail offre des fondements rigoureux. Je montrerai que la rigueur de ces fondements n'est pas synonyme de rigidité et qu'une bonne intervention doit laisser place à beaucoup de créativité afin de pouvoir s'adapter à la singularité de chacun des contextes. Je montrerai qu'une formation en philosophie peut aider en ce sens puisque la portée très générale des concepts qu'elle propose permet de les adapter à une multitude de situations par ailleurs très différentes les unes des autres. Enfin, je montrerai comme cela se traduit dans une approche ouverte sur l'interdisciplinarité, ce qui amène l'intervenant à jouer tantôt le rôle de l'expert, tantôt celui du praticien-réflexif et tantôt celui de l'accompagnateur.

Résumé du colloque

L’espace sociopolitique se transforme au gré d’une démocratisation constante des structures sociopolitiques et de l’identification des fractures entre les attentes normatives de la société civile, des particuliers, et des instances institutionnelles. Pour y remédier, l’éthique est souvent convoquée en tant qu’« outil de réparation du lien social ». Alors que les structures démocratiques (au sein de l’espace politique, organisationnel, social, etc.) sont traitées à partir de ces transformations majeures que sont l’individualisation, l’ébranlement des relations sociales, la crise des normes, etc., le rôle de l’éthique n’est pas interrogé pour lui-même, pas plus que celui de l’intervenant en éthique.

D’ailleurs, la fonction de celui-ci prête souvent à confusion, comme peuvent aisément en témoigner ceux et celles conduisant de telles interventions. Les attentes à son égard sont multiples selon les acteurs organisationnels, politiques, etc. – employés, employeurs, politiques, société civile, etc. – auxquels il s’adresse. En réalité, la difficulté de l’intervention en éthique est qu’elle se situe toujours à l’intersection d’attentes normatives assez distinctes voire contradictoires alors que la fonction même de l’intervenant en éthique n’est pas institutionnalisée en tant que telle et ne renvoie pas à une assise professionnelle clairement définie. Cela n’empêche pas que les « consultants » en éthique se font plus nombreux et que des formations universitaires en éthique permettent à certains et certaines de prétendre à une forme d’expertise en la matière.

Ce colloque aura donc pour objectif d’échafauder les jalons d’une réflexion philosophique, éthique et critique sur l’intervenant en éthique : quel rôle devrait être le sien ? De quelle légitimité peut-il se réclamer ? Comment se conçoit son identité d’action ? S’apparente-t-il à la figure de l’expert, du praticien-réflexif, de l’accompagnateur ? Ce sont quelques-unes des questions qui seront abordées lors de ce colloque.

Contexte

section icon Thème du congrès 2013 (81e édition) :
Savoirs sans frontières
section icon Date : 6 mai 2013

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