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David Gonçalves
Les nanoparticules (NP) de type "oxyde-métal" sont employées dans une panoplie d'applications. Nous avons déjà documenté des effets pro-inflammatoires des NP de dioxyde de titane (TiO2, 1-10nm) in vitro chez les neutrophiles ou polymorphonucléaires (PMN) humains. Les PMN jouent un rôle pivot dans l'inflammation. Nous avons également démontré que ces NP sont très pro-inflammatoires et provoquent une infiltration neutrophilique in vivo dans un modèle murin. Dans la perspective de poursuivre l'étude du potentiel inflammatoire des NP de TiO2 et de présenter nos dernières observations obtenues avec les NP d'oxyde de zinc (ZnO, 1-10nm), nous exposons ici les résultats découlant d'expériences de type cinétiques et concentration-dépendantes. Au préalable, nous avons caractérisé les NP (diamètre hydrodynamique, potentiel zêta, TEM). Nous avons déterminé leur cytotoxicité (bleu de trypan, libération de la LDH), leur effet sur le cytosquelette (morphologie cellulaire, polymérisation d'actine) ainsi que sur la production d'espèces réactives oxydées. De plus, nous avons déterminé leurs effets sur d'autres fonctions importantes des PMN. Entres autres, nous présentons ici la capacité de ces NP à retarder l'apoptose des PMN, dépendante de la synthèse protéique de novo. Même si ces NP appartiennent à une même famille, nous mettons en évidence par méthodes in vitro, leurs effets parfois différents. Nous démontrons que, contrairement au TiO2, ZnO ne provoque pas d'inflammation in vivo.
Les nanomatériaux sont utilisés en recherche biomédicale et en médecine. Par exemple, des nanoparticules magnétiques permettent de suivre des cellules par imagerie de résonance magnétique; des particules poreuses permettent de livrer des médicaments de façon sélective pour certains organes; l’utilisation de nanoparticules d’argent est à l’étude, afin de contrôler la prolifération bactérienne; des particules pseudovirales sont utilisées pour le développement de nouveaux vaccins. Afin de pouvoir prendre toute leur place dans la médecine de demain, les différentes nanotechnologies doivent faire l'objet d'études approfondies : tout d'abord, la synthèse de ces produits doit être parfaitement reproductible; ensuite, les particularités de leurs propriétés physico-chimiques doivent être étudiées en profondeur et avec grande précision; la surface des nanoparticules et des nanomatériaux doit souvent être recouverte de molécules ou polymères permettant d'en augmenter la stabilité colloïdale et la biocompatibilité. Finalement, la stabilité chimique et colloïdale des particules et les mécanismes de dégradation des nanomatériaux doivent être étudiés en profondeur, et les risques de toxicité cellulaire, physiologique et histologique doivent être évalués. Ainsi, le domaine des nanoparticules et des nanomatériaux pour la médecine recèle des enjeux complexes et interreliés.
Les nouveaux systèmes de nanoparticules doivent cependant faire l’objet d’une évaluation attentive et poussée, afin de bien comprendre leurs mécanismes physico-chimiques et biologiques intrinsèques, leur biodistribution lorsque injectés dans un organisme, les potentiels risques de toxicité liés à leur utilisation dans le vivant, ainsi que leur impact éventuel dans la médecine diagnostique et thérapeutique de demain.
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