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Qu'apprend-on de la gouvernance des organisations d'économie sociale?

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Marie J. Bouchard : École des Sciences de la Gestion (ESG) - UQAM

Résumé de la communication

La gouvernance est ce qui caractérise les organisations d'économie sociale (OES), lesquelles valorisent la participation démocratique des membres et des collectivités à la conception, à l'orientation, et à l'évaluation des actions qui les concernent. Ancrées dans les territoires et les besoins de la société, les instances des OES sont composées d'usagers, de citoyens, de travailleurs ou de membres de soutien, parfois plus d'une de ces catégories. Dotées d'une mission économique et sociale, elles doivent relever le défi du marché et répondre à des objectifs d'intérêt collectif ou général. Une pluralité de logiques et de points de vue s'expriment avant de convenir de la meilleure décision dans une perspective du bien commun. Les OES ont aussi comme caractéristique de se développer en créant et fonctionnant dans une dynamique de réseau, coordonnant leurs mandats respectifs dans des actions conjointes, souvent même stratégiques. Elles sont parfois elles-mêmes des réseaux.

Mobilisant l'analyse stratégique et les approches institutionnalistes, nos observations dans 6 cas d'OES de la finance au Québec ont permis de mettre en évidence que le caractère pluriel du mode de gouvernance de ces organisations a un impact sur la régulation de leur environnement, par le biais d'effets structurants sur des secteurs d'activités, sur les territoires et sur des politiques publiques. La gouvernance des OES a donc, au-delà de son rôle micro de coordination, des effets méso et macro de régulation.

Résumé du colloque

La prise de décision conjugue toujours la distribution du pouvoir (qui décide de quoi ?) et l’évaluation (sur quelle base justifie-t-on la décision?). Les entreprises collectives (publiques et d’économie sociale) disposent de structures de pouvoir et d’évaluation différentes des autres entreprises, leur finalité mettant les parties prenantes au cœur des processus décisionnels – par voie de démocratie directe ou représentative – et des mécanismes évaluatifs – par voie de participation (volontaire) et de vérification (obligatoire).

Les notions de gouvernance et d’évaluation sont d’habitude traitées séparément. Ce colloque propose de les mettre en relation. Suivre le fil de la gouvernance jusqu’aux indicateurs permet de pousser plus loin la réflexion sur la gouvernance, et de jeter un regard neuf sur le caractère politique et social – et non simplement technique – de l’évaluation.

La première session fera un retour sur la notion de gouvernance. Quels enjeux dans le contexte actuel ? Quel lien entre gouvernance des organisations et gouvernance des réseaux? Le champ des entreprises publiques et d’économie sociale est-il fertile pour mieux comprendre le sens de la gouvernance aujourd’hui ?

La deuxième session portera sur les déclinaisons pratiques de la gouvernance dans les entreprises collectives. Quel est l’état de la gouvernance aujourd’hui? Quels sont les enjeux qui se posent? Comment envisage-t-on l’avenir ?

Les sessions en après-midi porteront sur les indicateurs. Est-ce que l’information disponible permet de prendre les bonnes décisions ? Qu’en est-il de la triple reddition de comptes ? Quels sont les indicateurs à privilégier ? Quelles sont les méthodes qui permettent de conduire des évaluations robustes et fondées par les besoins des parties concernées ? En d’autres mots, comment vit-on les exigences de la gouvernance en matière d’information?

Le mardi matin, une conférence suivie d’une table ronde seront présentées conjointement par le CIRIEC et CRISES. La table ronde portera sur l’innovation sociale.

Contexte

section icon Thème du congrès 2013 (81e édition) :
Savoirs sans frontières
section icon Date : 6 mai 2013

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