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Qu'est-ce que le géo-nationalisme?

JD

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Jonathan Durand Folco : Université Saint-Paul

Résumé de la communication

Le nationalisme est un phénomène sociopolitique protéiforme qu'on distingue parfois en deux principaux courants. D'une part, le nationalisme ethnique repose sur la communauté constitutive, qui renvoie à la mémoire du passé, la langue, la culture commune, etc. D'autre part, le nationalisme civique insiste plutôt sur la communauté associative, qui conçoit la nation comme une union contractuelle, un consentement partagé qui doit être sans cesse renouvelé. Ces deux conceptions, à la fois complémentaires et antagonistes, présentent néanmoins quelques difficultés. Le nationalisme ethnique comporte certaines tendances essentialistes et exclusivistes, tandis que le nationalisme civique reste relativement trop abstrait et déraciné du monde vécu. Si ces deux visions insistent tour à tour sur les dimensions culturelles et politiques du nationalisme, elles oublient pourtant un élément essentiel : le territoire. Cette communication esquissera les contours d'une troisième voie, le géo-nationalisme, qui considère le milieu comme le principal vecteur de l'identité collective. Le milieu signifie à la fois le territoire et le lieu des activités, par opposition à l'espace abstrait ; c'est le monde tel qu'il est habité. Après avoir présenté les fondements théoriques du géo-nationalisme à l'aide de certains exemples issus du contexte québécois, nous analyserons différentes implications normatives de cette approche, permettant de jeter un nouvel éclairage sur les enjeux politiques actuels.

Résumé du colloque

Nous nous souvenons tous de cette phrase assassine qui clôturait les Thèses sur Feuerbach de Marx et Engels : « Les philosophes n’ont fait qu’interpréter le monde de différentes manières, ce qui importe, c’est de le transformer. » Loin d’en entériner d’emblée le constat, la Société de Philosophie du Québec (SPQ) voudrait plutôt, pour son Congrès 2013, convier les philosophes de tous horizons à réfléchir et échanger sur la manière dont la philosophie a, de tous temps, compris son efficace sur le monde. Que le moteur de l’acte de philosopher soit de transformer celui qui en est l’auteur, celui à qui il s’adresse ou encore l’objet qu’il se donne, on ne saurait douter que la philosophie même lorsqu’elle interprète le monde, cherche toujours à le transformer, lui ou ses habitants. À moins, bien sûr, que la philosophie ne soit que le reflet des changements qui s’opèrent dans le monde dont elle est issue…

S’agit-il, comme dans le cas des tentatives qui visent à définir la « vie bonne », de fournir les conditions de possibilité d’une maîtrise ou d’une production de soi, alors la philosophie se donne comme remède, hygiène, exercice ou démarche créatrice. Pour les philosophies qui prennent pour objet les pratiques sociales et les normes sur lesquelles elles s’articulent, c’est leur propre teneur théorique qui prend valeur de praxis dans un effort pour « changer la façon commune de penser » (Denis Diderot). Ainsi, qu’elle demeure purement critique ou qu’elle se donne pour fondatrice de normes nouvelles, la philosophie, toujours, cherche à atteindre les institutions qui fabriquent le sujet ou qui structurent ses relations au monde ou aux autres et d’en ébranler la légitimité.

Les questions qui sont ouvertes par ce thème sont nombreuses et cherchent à rendre possible la constitution d’échanges féconds entre philosophes issus de toutes les spécialisations et de toutes les écoles.

Contexte

section icon Thème du congrès 2013 (81e édition) :
Savoirs sans frontières
section icon Date : 6 mai 2013

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