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Recherche, design et participation : croiser les approches pour mieux agir et enseigner

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Carole Després : Université Laval

Résumé de la communication

Malgré l'omniprésence du discours sur le développement durable et les bâtiments verts, le nombre des citadins se rendant au travail en voiture et qui possèdent ou rêvent de posséder une maison unifamiliale ne semblent pas diminuer. Cette situation illustre bien la complexité de transformer les pratiques et les représentations rattachées aux configurations urbaines existantes. La recherche de solutions écologiquement et socialement acceptables est d'autant plus difficile que persiste un écart entre les savoirs scientifiques, professionnels et artistiques, dû à une division sectorielle des responsabilités entre les architectes et urbanistes, mais aussi une certaine rigidité dans les traditions disciplinaires. Pour ne pas en rester là, les activités du Groupe interdisciplinaire de recherche sur les banlieues (GIRBa) associent recherche empirique, design et processus participatif autour de problèmes liés à l'étalement urbain et au vieillissement démographique des banlieues. Cette communication illustre comment on y induit la collaboration entre universitaires, professionnels et décideurs, ainsi que la formation qu'y acquièrent des étudiants en architecture, en urbanisme et en sciences sociales. Au-delà de la définition de problèmes, de diagnostics et d'orientations pour l'intervention, la participation sert ici la communication des savoirs, leur diffusion et l'apprentissage d'une collaboration entre agents de changement tirant avantage de la diversité des expertises et des considérations.

Résumé du colloque

L’expérience du BAEQ (1963-1966) devait initier une pratique de l’aménagement où les choix seraient fondés sur une connaissance scientifique du territoire; où la planification viserait la correction des inégalités socioéconomiques; et où les populations concernées devraient participer à l’aménagement. Leur participation, que l'on estimait nécessaire à l'acceptabilité d'un plan global d'aménagement pour le vaste territoire de l'Est-du-Québec, devait se réaliser par l'implication de membres de comités locaux dans la recherche et la prise de décision, depuis la définition de la situation et des problèmes, jusqu’au choix et à l’exécution des projets.

Cette expérience fut cependant l’objet de sévères critiques : refus des technocrates de discuter de la question politique du développement avec ceux qui revendiquent ou qui contestent; manipulation des populations pour qu’elles adhèrent au point de vue des aménagistes; décalage entre la rationalité technicienne et celle de la pratique; réduction de la participation à de la consultation.

L’importance du BAEQ réside selon nous en trois lieux de recherche sur le développement territorial. 1) D’abord pour son histoire : dans l’analyse d’un événement lié à d’autres interventions de développement économique et social où s’amorçait la reconnaissance de l'expertise et des savoirs citoyens, ainsi que la création de structures intermédiaires entre le provincial et le municipal. 2) Ensuite, pour sa conduite : dans l’analyse de la relation au symbole qu’est devenu le BAEQ comme fait fondateur-repoussoir du développement régional. 3) Enfin, pour la sagesse de ses projets : dans les efforts de renouveler la traduction en pratiques des idéaux de la rationalité, de la démocratie et du développement à travers des démarches participatives.

En liant ces trois lieux de recherche, ce colloque vise une meilleure compréhension des relations entre décideurs, chercheurs et autres citoyens transformées par l’épreuve de problèmes et de projets particuliers. La première séance revient sur l'idéal de la participation dans les années 1960 et sur sa mise à l'épreuve au BAEQ. Bien que décevante, cette expérience aura marqué la recherche et l'intervention publique sur le développement territorial, ainsi que la vie politique locale et régionale. La deuxième séance explore des lignes de continuités méconnues ou insoupçonnées entre l'expérience du BAEQ et les avancées de la pratique du développement dans les décennies suivantes. La troisième séance propose plutôt des regards rétrospectifs et des diagnostics sur la longue durée de l'après BAEQ. Les quatrième et cinquième séances conduisent enfin les discussions sur les relations entre décideurs, chercheurs et autres citoyens dans l'actualité d'un éventail de projets. L'appréciation des enjeux, des potentiels et de l'évolution des démarches participatives pourra prendre acte de cinq décennies d'expériences dispersées dans l'espace-temps du développement au Québec.

Contexte

section icon Thème du congrès 2013 (81e édition) :
Savoirs sans frontières
section icon Date : 6 mai 2013

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