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Réfléchir ensemble à des milieux de vie durables et culturellement adaptés : les défis de l'aménagement collaboratif avec les communautés innues de la Côte Nord

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Geneviève Vachon : Université Laval

Résumé de la communication

À partir du travail mené à l'ARUC-Tetauan (CRSH, 2009-2014) sur les paysages culturels et l'habitat des communautés innues de la Côte Nord, nous proposons de discuter d'une approche de « réflexion dans l'action » sur l'aménagement culturellement adapté des réserves innues. Cette réflexion est menée dans un contexte de fortes pressions pour l'extension du territoire urbanisé de plusieurs communautés. En plus de tenir compte des nombreux défis sociaux et environnementaux, l'interculturalité constitue un enjeu majeur qui peut engendrer différentes incompréhensions mutuelles : décalages entre les conceptions de la gestion, clivages entre impératifs académiques et demandes locales, difficiles croisements entre compétences et expertises dans la co-production de savoirs, etc. Les processus participatifs dont il sera ici question ne sont pas standards. Il s'agit plutôt d'une approche par bricolage méthodologique fondée sur des activités dont la somme permet de poser les bases de la communication et de l'action interculturelles: les charrettes et projets en atelier de design et in situ, les consultations en petits groupes de professionnels, etc. Cette communication propose de brosser un portrait de cette approche en révélant ses limites et ses potentiels, tout en formulant des pistes pour la poursuite de réflexions similaires avec d'autres communautés locales.

Résumé du colloque

L’expérience du BAEQ (1963-1966) devait initier une pratique de l’aménagement où les choix seraient fondés sur une connaissance scientifique du territoire; où la planification viserait la correction des inégalités socioéconomiques; et où les populations concernées devraient participer à l’aménagement. Leur participation, que l'on estimait nécessaire à l'acceptabilité d'un plan global d'aménagement pour le vaste territoire de l'Est-du-Québec, devait se réaliser par l'implication de membres de comités locaux dans la recherche et la prise de décision, depuis la définition de la situation et des problèmes, jusqu’au choix et à l’exécution des projets.

Cette expérience fut cependant l’objet de sévères critiques : refus des technocrates de discuter de la question politique du développement avec ceux qui revendiquent ou qui contestent; manipulation des populations pour qu’elles adhèrent au point de vue des aménagistes; décalage entre la rationalité technicienne et celle de la pratique; réduction de la participation à de la consultation.

L’importance du BAEQ réside selon nous en trois lieux de recherche sur le développement territorial. 1) D’abord pour son histoire : dans l’analyse d’un événement lié à d’autres interventions de développement économique et social où s’amorçait la reconnaissance de l'expertise et des savoirs citoyens, ainsi que la création de structures intermédiaires entre le provincial et le municipal. 2) Ensuite, pour sa conduite : dans l’analyse de la relation au symbole qu’est devenu le BAEQ comme fait fondateur-repoussoir du développement régional. 3) Enfin, pour la sagesse de ses projets : dans les efforts de renouveler la traduction en pratiques des idéaux de la rationalité, de la démocratie et du développement à travers des démarches participatives.

En liant ces trois lieux de recherche, ce colloque vise une meilleure compréhension des relations entre décideurs, chercheurs et autres citoyens transformées par l’épreuve de problèmes et de projets particuliers. La première séance revient sur l'idéal de la participation dans les années 1960 et sur sa mise à l'épreuve au BAEQ. Bien que décevante, cette expérience aura marqué la recherche et l'intervention publique sur le développement territorial, ainsi que la vie politique locale et régionale. La deuxième séance explore des lignes de continuités méconnues ou insoupçonnées entre l'expérience du BAEQ et les avancées de la pratique du développement dans les décennies suivantes. La troisième séance propose plutôt des regards rétrospectifs et des diagnostics sur la longue durée de l'après BAEQ. Les quatrième et cinquième séances conduisent enfin les discussions sur les relations entre décideurs, chercheurs et autres citoyens dans l'actualité d'un éventail de projets. L'appréciation des enjeux, des potentiels et de l'évolution des démarches participatives pourra prendre acte de cinq décennies d'expériences dispersées dans l'espace-temps du développement au Québec.

Contexte

section icon Thème du congrès 2013 (81e édition) :
Savoirs sans frontières
section icon Date : 6 mai 2013

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